Par : Fatou Krubally
Le président sortant de la Cour suprême de Gambie, Hassan B. Jallow, a souligné que l’indépendance de la justice existe avant tout pour protéger les droits et les libertés des citoyens, insistant sur le fait qu’elle ne constitue pas un privilège accordé aux juges, mais une garantie fondamentale d’une justice équitable et impartiale.
Il s’exprimait lors de l’ouverture de la Conférence tripartite sur les Principes du Commonwealth (Latimer House), organisée à Banjul, qui a réuni des représentants de l’Exécutif, du Législatif et du Judiciaire autour du thème : « Défendre l’État de droit et l’équilibre démocratique ».
S’adressant au président Adama Barrow, au président de l’Assemblée nationale, Fabakary Tombong Jatta, à de hauts responsables gouvernementaux, aux membres du corps diplomatique ainsi qu’aux partenaires au développement, le président de la Cour suprême a qualifié cette conférence de plateforme importante pour renforcer la démocratie constitutionnelle et l’État de droit en Gambie.
Il a déclaré qu’un pouvoir judiciaire indépendant constitue l’un des piliers de la gouvernance démocratique, garantissant à chaque citoyen une égalité de traitement devant la loi.
« L’indépendance de la justice n’est ni un privilège accordé aux magistrats ni un avantage institutionnel dont bénéficie le pouvoir judiciaire », a déclaré le juge Jallow.
« Elle existe pour une raison fondamentale : protéger les droits et les libertés de toute personne qui comparaît devant les tribunaux. »
Il a ajouté que les citoyens, quels que soient leur statut social, leur appartenance politique, leur fortune, leur origine ethnique ou leur religion, doivent avoir la certitude que leurs affaires seront jugées de manière juste, impartiale et uniquement sur la base de la loi et des preuves présentées.
Le juge Jallow a indiqué que les Principes du Commonwealth (Latimer House) demeurent un cadre essentiel pour promouvoir la gouvernance démocratique, en encourageant chaque branche de l’État à exercer les responsabilités que lui confère la Constitution tout en respectant l’indépendance des autres.
Il a toutefois souligné que l’indépendance constitutionnelle ne doit pas être interprétée comme un isolement institutionnel, appelant à une coopération accrue entre l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire dans les limites fixées par la Constitution.
Le président de la Cour suprême a révélé que des efforts sont en cours pour créer un Forum des chefs des institutions de l’État afin d’institutionnaliser le dialogue entre les trois pouvoirs. Selon lui, cette initiative bénéficie du soutien du président Barrow, qui a rencontré plus tôt cette année le président de l’Assemblée nationale et le président de la Cour suprême pour approuver ce processus.
Le juge Jallow a indiqué que la conférence devrait s’achever par la signature d’un protocole d’accord entre les trois pouvoirs de l’État ainsi que par l’adoption d’un Plan d’action national destiné à renforcer leur coopération tout en préservant leur indépendance institutionnelle.
Il a enfin exhorté les participants à veiller à ce que les délibérations débouchent sur des réformes concrètes visant à renforcer la gouvernance, l’administration de la justice et la responsabilité démocratique en Gambie.
