Par : Fatou Krubally
Le gouvernement gambien a lancé mercredi une politique de protection sociale visant à étendre la couverture sociale pour les groupes vulnérables.
La Politique nationale de protection sociale (NSPP) 2026–2035 est un cadre de 10 ans visant à renforcer les filets de sécurité et à améliorer la résilience des populations vulnérables.
La politique a été lancée par le vice-président Muhammed B.S. Jallow au Centre international de conférences Sir Dawda Kairaba Jawara en présence de responsables gouvernementaux, partenaires de développement, représentants de la société civile et autres parties prenantes.
S’exprimant au nom du ministre des Finances Seedy Keita, secrétaire permanent au ministère des Finances et de l’Économie, Baboucarr Jobe a décrit la protection sociale comme un investissement stratégique favorisant la résilience, l’équité et une croissance inclusive.
Il a indiqué que le gouvernement avait alloué 18,6 milliards de Ds aux secteurs sociaux dans le budget national 2026, représentant 35,3 % des dépenses totales, dans le cadre des efforts visant à renforcer le financement de la protection sociale.
Jobe a mis en avant les interventions soutenues par le gouvernement, notamment les programmes de transferts monétaires, les initiatives d’alimentation scolaire, les projets pilotes d’assurance santé et les subventions sur les produits essentiels, qui, selon lui, ont aidé les ménages vulnérables à faire face aux défis économiques.
Il a également reconnu le soutien des partenaires au développement, dont la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, la Banque arabe pour le développement économique en Afrique, l’Union européenne et les agences des Nations Unies, dans l’avancement des programmes de protection sociale dans le pays.
S’exprimant au nom des partenaires au développement, le coordinateur résident des Nations Unies, Karl Frédérick Paul, a salué le gouvernement et l’Agence nationale de protection sociale (NSPA) pour l’élaboration de cette politique, la décrivant comme un cadre tourné vers l’avenir.
Il a déclaré que cette politique représente un passage d’interventions fragmentées à un système de protection sociale plus intégré, qui répond aux changements de pauvreté et de vulnérabilité.
Paul note que le cadre vise à renforcer les systèmes numériques, à accroître le soutien aux travailleurs du secteur informel et à améliorer la préparation face aux futurs chocs économiques, climatiques et de santé publique.
Le directeur exécutif de la NSPA, Saikou Jeng, a déclaré que la politique privilégie la protection des groupes vulnérables, le soutien aux moyens de subsistance par des initiatives sur le marché du travail, le renforcement de la protection sociale adaptative et l’amélioration de la coordination entre les parties prenantes.
Il a souligné la nécessité de mécanismes de prestation renforcés, de bases de données harmonisées et d’un financement durable afin d’assurer une mise en œuvre efficace de la politique.
Dans son discours d’ouverture, le vice-président Jallow affirme que la protection sociale reste un élément clé de l’agenda de développement du gouvernement et joue un rôle important dans la promotion de la justice sociale et de la stabilité nationale.
Il révèle que la nouvelle politique constitue une feuille de route pour construire un système inclusif et coordonné, capable de répondre à des défis tels que le changement climatique, les urgences sanitaires et l’incertitude économique.
Le lancement s’est conclu par la présentation symbolique du document politique au vice-président par l’athlète des Special Olympics Isatou Sanyang au nom de la jeunesse gambienne.
