Par : Cecilia E.L. Mendy
La Cour suprême a déclaré que la destitution de l’ancien vérificateur général Modou Ceesay « inconstitutionnelle », estimant que cette action violait l’article 158 de la Constitution et la loi nationale sur l’audit.
Lors du jugement mardi, le juge O.M.M. Njie, au nom du panel de la Cour suprême, a jugé que le renvoi de Ceesay par des agents de la police gambienne était illégal car il ne respectait pas la procédure constitutionnelle régissant la destitution d’un Auditeur général.
La Cour affirme que la constitution exige qu’un Auditeur général ne puisse être destitué que par des procédures prescrites impliquant un conseil médical en cas d’incapacité ou un tribunal créé pour enquêter sur des allégations de faute ou d’incompétence.
Bien que la révocation ait jugé inconstitutionnelle, la cour a refusé d’ordonner la réintégration de Ceesay.
Au lieu de cela, il a statué que l’actuel auditeur général, Cherno Amadou Sowe, devait rester en fonction, déclarant que la réintégration de Ceesay ne serait pas dans l’intérêt public.
La cour a noté que les preuves présentes indiquaient que la relation de Ceesay avec l’exécutif s’était détériorée et a observé que, bien que le bureau du Vérificateur général fût constitutionnellement indépendant, il exigeait une relation de travail fonctionnelle avec l’exécutif.
La Cour suprême a ordonné que Ceesay soit versé à son salaire intégral et à ses indemnités pour le reste de ses neuf années de mandat, ainsi que son salaire pour le mois précédant le jugement.
Elle a ordonné que les paiements soient effectués dans un délai de 60 jours.
Le tribunal a également accordé à Ceesay 4 millions de Ds en dommages-intérêts pour violation de son droit constitutionnel à la sécurité de la tenue.
Le procureur général et l’inspecteur général de police ont été condamnés à payer les dommages dans un délai de 60 jours.
De plus, le tribunal a ordonné à toutes les parties de déposer des affidavits dans un délai de sept jours détaillant l’âge, l’historique salarial, les allocations, les prestations de pension et la gratification de Ceesay afin de faciliter le calcul de l’intégralité de ses droits financiers.
Dans son jugement, la Cour suprême a réaffirmé la protection constitutionnelle accordée aux titulaires de fonctions publiques indépendantes, soulignant que le président ne peut pas destituer un Auditeur général sans se conformer aux procédures prescrites par la constitution et la loi.
La décision a confirmé l’indépendance du Bureau du Vérificateur général tout en soutenant que la réintégration n’était pas le recours approprié dans les circonstances de l’affaire.
