Par Sheriff Musa
L’avocat Assan Martin, porte-parole des pourparlers en cours en vue de la formation d’une coalition de l’opposition, a déclaré que le projet de coalition se poursuivra, indépendamment de la décision de l’un ou l’autre des partis politiques participants de se retirer du processus.
Dans un entretien exclusif accordé au journal The Voice, M. Martin a indiqué que les décisions concernant le choix du candidat de la coalition à l’élection présidentielle sont prises collectivement par les participants aux négociations et non par une seule personne.
« Je ne dis pas qu’un parti en particulier n’a pas les qualités requises pour diriger. Ce sont les participants aux pourparlers de la coalition qui décideront de la personne qui conduira la coalition », a-t-il déclaré.
Avocat spécialisé dans les droits humains et commentateur politique, M. Martin a précisé qu’il ne brigue pas la candidature de la coalition à l’élection présidentielle et qu’il ne participe donc pas à la compétition pour la désignation du porte-drapeau.
Il a révélé que les parties prenantes à la coalition se sont entendues, en principe, pour que la personne qui sera désignée comme candidat de la coalition suspende ou quitte son parti politique ou son mouvement afin de se présenter à l’élection en tant que candidat indépendant.
Selon lui, cette formule vise à reproduire le modèle adopté par la coalition de l’opposition lors de l’élection présidentielle de 2016.
Interrogé sur un éventuel retrait du Parti démocratique uni (UDP) des négociations, M. Martin a assuré que le projet de coalition se poursuivrait.
« Ce projet n’appartient à aucun parti politique ni à aucun mouvement. Il appartient aux Gambiens. Si un parti décide de partir, le projet continuera avec ceux qui restent engagés », a-t-il affirmé.
M. Martin a indiqué que le processus de coalition réunit actuellement des représentants de plusieurs partis politiques et mouvements et qu’il vise avant tout à promouvoir des réformes institutionnelles plutôt qu’à défendre les intérêts d’une organisation politique en particulier.
Revenant sur l’expérience de la coalition de 2016, il a estimé que l’une des principales leçons tirées de cette expérience est la nécessité de veiller à ce que le candidat de la coalition demeure fidèle à l’accord conclu entre les partenaires.
Il a ajouté que la coalition ne soutiendrait pas un candidat qui ne s’engagerait pas à mettre en œuvre le programme convenu une fois au pouvoir.
« Nous avons tiré les leçons du passé. Celui qui deviendra le candidat de la coalition devra s’engager à appliquer l’accord de coalition ainsi que les réformes approuvées par l’ensemble des partenaires », a-t-il déclaré.
M. Martin a également mis en garde contre ce qu’il a qualifié de trahison de la confiance du public, affirmant que les dirigeants de la coalition veilleront à ce que tout futur gouvernement issu de cette alliance respecte les engagements pris.
Selon lui, l’objectif de la coalition n’est pas uniquement de provoquer une alternance politique, mais aussi de mettre en œuvre des réformes de la gouvernance, de renforcer les institutions démocratiques et d’améliorer la reddition de comptes.
Il a enfin indiqué que la coalition ambitionne de mettre en place un gouvernement capable d’apporter des bénéfices concrets aux Gambiens grâce à des réformes institutionnelles, à la transparence et à un leadership responsable.
