Par Kemo Kanyi
Amadou Jaiteh, leader du mouvement d’opposition PROGRESS, a estimé que la Gambie a peu de chances d’obtenir la présidence de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sous la direction du président Adama Barrow, évoquant ce qu’il considère comme une influence diplomatique régionale limitée du pays.
Les propos de Jaiteh font suite à la désignation du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye à la tête de l’Autorité des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, en remplacement du président sierra-léonais Julius Maada Bio.
Dans une déclaration, Jaiteh a affirmé que la direction d’organisations telles que la CEDEAO, l’Union africaine (UA) et d’autres institutions multilatérales se gagne grâce à une vision durable, à la compétence, à l’influence diplomatique et à la confiance des États membres, plutôt qu’à la simple conjoncture.
Selon lui, les pays qui accèdent à des postes de leadership au sein des organisations régionales y parviennent parce qu’ils démontrent leur capacité à relever les défis régionaux, à créer des consensus et à promouvoir une vision nationale cohérente.
Jaiteh a reconnu que la Gambie avait retrouvé une certaine reconnaissance internationale après sa transition démocratique de 2017, mais il a soutenu que cette bonne volonté à elle seule ne suffit pas pour obtenir un rôle de premier plan dans les organisations régionales.
Il a estimé qu’une influence durable nécessite une gouvernance efficace, des institutions solides et une politique étrangère claire capable d’inspirer le respect au-delà des frontières nationales.
« Le leadership exige la confiance, non seulement la confiance personnelle, mais aussi la confiance institutionnelle », a déclaré Jaiteh, ajoutant que les partenaires régionaux doivent être convaincus de la capacité d’un pays à diriger des négociations, à faciliter la résolution des différends, à proposer des solutions et à mettre en œuvre les engagements convenus.
Il a soutenu que cette confiance se construit à travers la constance, une planification stratégique et des résultats concrets.
Le leader de PROGRESS a également évoqué la présidence gambienne de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) comme exemple, reconnaissant que l’organisation du sommet de l’OCI constituait une importante réussite diplomatique, tout en soulignant que diriger une organisation internationale exigeait davantage que l’accueil d’un sommet.
Selon lui, une présidence efficace nécessite un engagement diplomatique continu, la définition d’orientations stratégiques, la création d’alliances et des efforts constants pour faire avancer les objectifs de l’organisation.
Jaiteh s’est interrogé sur les principales initiatives diplomatiques entreprises par la Gambie depuis qu’elle assure la présidence de l’OCI, notamment dans les domaines de la résolution des conflits, de la coopération humanitaire et du dialogue entre les États membres.
Il a estimé que ces questions étaient légitimes et nécessitaient des réponses substantielles.
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