L’envoyé de l’UA affirme que la stabilité au Sahel exige services, justice et inclusion

Par Fatou Krubally

Un dialogue de haut niveau sur la sécurité au Sahel et en Afrique de l’Ouest a mis en évidence la gouvernance, la sécurité et l’inclusion sociale comme des piliers centraux pour parvenir à une stabilité durable dans la région.

S’exprimant hier lors du forum, le Dr Mamadou Tangara, Haut Représentant de l’Union africaine et chef pour le Sahel, a déclaré qu’une paix durable ne peut être atteinte sans la fourniture simultanée de services de base, de justice et de sécurité.

Il a souligné que la gouvernance ne peut être efficacement établie en l’absence de sécurité, notant que ces deux éléments doivent progresser ensemble pour que les efforts de paix réussissent à long terme.

Le Dr Tangara a en outre insisté sur le fait que l’inclusion est une exigence stratégique plutôt qu’un geste symbolique, affirmant que les efforts de stabilisation ont peu de chances de réussir sans la participation significative des femmes, des jeunes, des communautés locales, des chefs traditionnels et des autorités religieuses. Il a ajouté que le respect des cultures locales, de la dignité et de l’appropriation communautaire demeure essentiel pour une paix durable.

Il a également appelé à un changement d’approche à travers la mise en place d’un « pôle de stabilisation », exhortant les parties prenantes à aller au-delà du suivi et des rapports routiniers pour façonner activement les conditions d’une paix durable, en mettant davantage l’accent sur les résultats et l’impact.

Concernant les partenariats, le Dr Tangara a plaidé pour un nouveau modèle fondé sur le respect mutuel, des priorités définies par les Africains, une analyse partagée et le renforcement des capacités institutionnelles à long terme, plutôt que sur des résultats à court terme.

S’agissant de la coopération régionale, il a salué le président de la Commission de la CEDEAO, le Dr Omar Alieu Touray, pour ses efforts visant à dialoguer avec l’Alliance des États du Sahel (AES), qualifiant la situation de « affaire de famille » nécessitant une action collective, notamment pour lutter contre le terrorisme.

Ces propos ont été tenus lors d’un atelier de haut niveau sur le renforcement de la sécurité et de la stabilisation au Sahel et en Afrique de l’Ouest, qui a réuni des partenaires régionaux et internationaux pour discuter de réponses coordonnées face à l’insécurité croissante dans la région.

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