Le directeur financier du KAC admet des lacunes en matière de budgétisation et de supervision financière

Par : Fatou Krubally

Le directeur financier du conseil régional de Kerewan (KAC), Abdoulie Khan, a témoigné des défaillances critiques en matière de budgétisation et de supervision financière au sein du conseil.

Lors d’un échange tendu avec l’avocat Patrick Gomez, Khan a admis qu’aucune politique de prêt n’était en place et que les bons de paiement n’étaient pas préalablement audités, comme l’exige la réglementation.

Il a également révélé que, durant une période en 2018, le conseil a fonctionné sans auditeur interne, entraînant de graves lacunes dans le contrôle financier. Il a reconnu que des prêts ont été accordés sans processus formel et que le PDG avait le dernier mot sur les autorisations de paiement. Malgré son rôle de directeur financier, Khan a déclaré qu’il n’avait pas d’autorité ultime sur les décisions du PDG.

Gomez a interrogé Khan sur les dépenses liées aux repas, révélant que le budget consacré aux repas et aux divertissements était mal affecté sous la rubrique des fonds divers. Khan a tenté de justifier cette anomalie en évoquant une erreur du système. Cependant, lorsqu’on lui a demandé de fournir des chiffres précis sur ces dépenses, il s’est avéré incapable de le faire, exposant ainsi un écart important entre le budget alloué et les dépenses réelles.

Au cours de son témoignage, Khan a également admis que les agents chargés de la collecte des recettes n’étaient pas étroitement surveillés, ce qui a conduit à des irrégularités dans la collecte des revenus et le suivi des dépenses.

« Il y a eu des lacunes dans le contrôle des recettes, et dans certains cas, les collectes n’ont pas été correctement comptabilisées », a-t-il reconnu.

De plus, il a admis des insuffisances dans les rapports financiers, notamment l’absence de rapprochements bancaires réguliers, pourtant essentiels pour garantir l’intégrité financière.

« Nous aurions dû être plus rigoureux dans le suivi de nos transactions financières, mais malheureusement, certaines procédures n’ont pas été respectées », a-t-il déclaré.

Le témoignage a également révélé que le conseil ne disposait ni d’une politique de prêt formelle ni d’un comité de prêt. Khan a expliqué que les demandes de prêt étaient approuvées directement par le PDG, contournant ainsi les mesures essentielles de surveillance financière.

L’avocat Gomez s’est dit profondément préoccupé par ces révélations, insistant sur la nécessité de renforcer les contrôles financiers.

« Ce niveau de mauvaise gestion financière est inacceptable. Les fonds publics doivent être gérés avec transparence et responsabilité », a-t-il affirmé.

L’admission par Khan d’un contrôle financier laxiste, d’une mauvaise gestion des fonds et de l’absence de supervision appropriée a mis en lumière de graves faiblesses dans la gestion des finances publiques au sein du conseil régional de Kerewan.

La commission va désormais approfondir son enquête sur ces irrégularités afin de remédier aux problèmes systémiques et d’imposer des mesures de contrôle financier plus strictes.

Alors que l’enquête se poursuit, l’attention reste focalisée sur Khan et les pratiques financières du conseil, avec des appels à des mesures correctives immédiates et à une transparence accrue dans la gestion des fonds publics.