Par : Fatou Krubally
Le Comité des entreprises publiques de l’Assemblée nationale a constaté que les retards dans la manutention des marchandises au port de Banjul se sont aggravés malgré les réformes mises en œuvre par la Gambia Ports Authority (GPA) à la suite d’un audit de performance en 2021.
Cette conclusion figure dans le rapport consolidé du Comité sur l’audit de performance de suivi de la manutention des cargaisons, présenté à l’Assemblée nationale mardi.
Le rapport a examiné dans quelle mesure la GPA avait mis en œuvre les recommandations issues de l’audit de 2021, qui évaluait l’efficacité, l’efficience et l’économie des opérations de manutention des marchandises au port.
Le Comité a reconnu plusieurs mesures prises par la GPA, notamment des plans d’expansion des infrastructures portuaires via un partenariat public-privé (PPP), une augmentation de l’utilisation des dépôts intérieurs de conteneurs, des réformes des services de débardage, la restructuration du Conseil et la signature d’un contrat de performance avec le gouvernement.
Cependant, les législateurs ont noté que ces interventions n’ont pas encore entraîné d’améliorations significatives dans les opérations de cargaison.
Selon le rapport, les délais de rotation des navires se sont détériorés, les porte-conteneurs nécessitant désormais entre sept et dix-sept jours pour décharger la cargaison, tandis que les navires en vrac prennent entre huit et quinze jours.
Le Comité attribua ces retards en partie à la disponibilité limitée des postes d’amarrage et à la dépendance continue des grues montées sur les navires pour la manutention des cargaisons.
Il a également observé que, bien que le temps de séjour des conteneurs se soit amélioré et que les dépôts intérieurs aient contribué à réduire la congestion, des défis subsistent en raison de l’application incohérente des pratiques standards d’empilement des conteneurs.
Le Comité a reconnu les progrès réalisés dans les réformes du travail grâce à la création de Dock Labour Company Limited et à des améliorations de la gouvernance institutionnelle. Cependant, il a indiqué qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves concernant des réunions régulières du comité d’audit du conseil ni des mécanismes de surveillance efficaces.
Pour relever ces défis, le Comité a recommandé que la GPA et le ministère des Finances accélèrent le projet d’expansion du port, acquièrent des équipements essentiels de manutention des cargaisons et introduisent des objectifs de redressement des navires applicables dans le cadre du contrat de performance.
Elle a également appelé à un suivi plus strict de l’accord de concession PPP et a exhorté la GPA à soumettre un plan d’action global dans les 60 jours afin de traiter les recommandations d’audit en cours.
Le Comité a conclu que, bien que la GPA ait enregistré des progrès en matière de gouvernance et de réformes institutionnelles, les retards dans le développement des infrastructures et les améliorations opérationnelles continuent d’affecter l’efficacité de la manutention des marchandises au port de Banjul.
