Par Fatou Krubally
Le Bureau du Président a dépensé 28,72 millions de Ds en projets de développement au cours du premier trimestre 2026, dépassant son allocation budgétaire annuelle de 20,03 millions de D, selon le dernier rapport budgétaire du gouvernement.
Ces chiffres figurent dans le rapport de performance budgétaire du premier trimestre 2026 publié par le ministère des Finances et des Affaires économiques (MoFEA), couvrant les dépenses publiques entre janvier et mars.
Selon le rapport, le Bureau du Président disposait d’un budget de développement approuvé de 20,03 millions de Dand pour 2026 mais a enregistré un budget de 28,72 millions de D. fin mars.
Cela représente un taux d’exécution de 143 % et signifie que le bureau a dépassé son allocation annuelle d’environ 8,69 millions de Ds après seulement trois mois de l’exercice financier.
Les dépenses contrastent avec le rythme généralement plus lent des dépenses de développement au sein du gouvernement durant la même période.
Les dépenses d’investissement à l’échelle du gouvernement s’élevaient à 738,74 millions de Dand fin mars, représentant 21 % du budget annuel d’investissement approuvé d’environ 3,54 milliards de D.
Le rapport montre des variations significatives dans l’exécution du budget de développement entre les institutions gouvernementales.
Le ministère des Transports, des Travaux et des Infrastructures, qui a reçu l’une des plus grandes allocations de développement, a enregistré des dépenses de 488,85 millions de Ds contre une allocation approuvée d’environ 1,96 milliard de D, soit un taux d’exécution d’environ 25 %.
Le ministère des Finances et de l’Économie a dépensé 111,73 millions de Ds sur son allocation de développement de 591,19 millions, tandis que le Ministère de l’Agriculture a enregistré des dépenses de 18,88 millions D, contre une allocation approuvée de 411,66 millions de D.
Le ministère de la Santé a enregistré un investissement négatif de dépenses de développement de 4,72 millions de Ds contre une allocation de 156,67 millions de D.
Par ailleurs, le ministère du Pétrole et de l’Énergie n’a enregistré aucune dépense de développement au cours du premier trimestre malgré une allocation approuvée de 363,27 millions de D.
Le ministère de l’Éducation de base et secondaire a dépensé 15,18 millions de Ds sur son allocation de développement de 68,47 millions de D, soit 22 % d’exécution.
L’Assemblée nationale a enregistré 16,33 millions de Ds de dépenses de développement contre une allocation de 80 millions de D, tandis que la Commission électorale indépendante n’a enregistré aucune dépense de développement contre son allocation de 80 millions de Ds durant cette période.
Ces chiffres s’inscrivent dans un contexte plus large de baisse des dépenses publiques par rapport au premier trimestre 2025.
Les dépenses publiques totales et les prêts nets s’élevaient à 7,87 milliards de Ds au premier trimestre, soit 22 % du budget approuvé pour 2026 et une baisse de trois pour cent par rapport à 8,13 milliards de Ds enregistrés sur la même période l’année dernière.
Les dépenses en capital faisaient partie des secteurs ayant contribué à la baisse, avec une baisse de 409,18 millions de D, soit 36 %, par rapport au premier trimestre 2025.
Les chiffres du premier trimestre mettent donc en lumière des disparités significatives dans le rythme d’exécution du budget de développement entre les institutions gouvernementales, plusieurs ministères majeurs enregistrant des dépenses relativement faibles tandis que le Bureau du Président avait déjà dépassé son allocation annuelle de développement fin mars.
