Par Kemo Kanyi
La Commission nationale des droits de l’homme (NHRC) a lancé une enquête sur des propos attribués au commissaire Imam Baba Leigh concernant le groupe ethnique mandingue.
Dans un communiqué publié lundi, la NHRC a déclaré pleinement comprendre la gravité des préoccupations soulevées par ces propos et comprendre pourquoi elles avaient suscité une importante discussion et inquiétude du public.
La commission affirme prendre très au sérieux les questions liées au tribalisme, aux discours de haine, à la discrimination, à l’intolérance et aux déclarations susceptibles de saper la coexistence pacifique.
« Un certain nombre de plaintes individuelles ont été formellement soumises à la commission. Ces plaintes ont été dûment reçues et reconnues, et la commission a ouvert sa propre enquête sur l’affaire via sa Direction juridique et d’enquête (DLI) », indique la déclaration, signée par le président de la NHRC, Emmanuel Joof.
Selon la commission, le DLI examine les déclarations, les circonstances et le contexte dans lesquels elles ont été faites, ainsi que d’autres questions pertinentes.
Dans le cadre de l’enquête, la direction engagera le commissaire Leigh et d’autres personnes concernées si nécessaire, a indiqué la NHRC.
À la fin de l’enquête, le DLI soumettra ses conclusions, avis juridique et recommandations à la commission pour examen.
La NHRC a expliqué que sa décision de ne pas faire de déclaration publique substantielle sur le fond de l’affaire était due au fait que l’enquête était toujours en cours.
Elle a estimé qu’il serait inapproprié de juger à l’avance sur l’affaire, d’autant plus que des plaintes formelles avaient été déposées et que le processus d’enquête de la commission était en cours.
La commission a également précisé que l’imam Leigh était en congé annuel lorsqu’il a prononcé ces propos et ne parlait pas au nom de la NHRC.
Suite à la réaction du public à ses propos, l’imam Leigh a publié une déclaration publique fournissant une explication et un contexte pour ses propos. Il a ensuite présenté ses excuses dans une langue locale à la communauté mandingue et à d’autres personnes qui se sont senties offensées par ses propos.
La NHRC a indiqué avoir pris note de ces développements mais a souligné que la pertinence de l’explication ou des excuses, ainsi que la nécessité d’une action supplémentaire, seraient prises en compte sur la base des faits et conclusions de l’enquête.
La commission a en outre précisé que la destitution d’un commissaire de la NHRC ne pouvait pas être décidée uniquement par le président.
Elle a indiqué que la nomination, la titularisation et la destitution des commissaires étaient régies par la loi sur la NHRC et d’autres dispositions légales applicables.
Toute destitution, a ajouté la commission, doit donc suivre le processus prescrit par la loi et ne peut pas être déterminée uniquement sur la base du sentiment, de la pression ou des revendications publiques.
