Ancien secrétaire du TRRC met en garde le président Barrow contre une candidature pour un troisième mandat

L’ancien secrétaire exécutif de la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations (TRRC), le Dr Baba Galleh Jallow, a exprimé des préoccupations concernant la prétendue ambition du président Adama Barrow de briguer un troisième mandat, avertissant ce dernier contre une telle démarche.

Le Dr Jallow estime que la candidature du président Barrow pour un troisième mandat est une question controversée qui éclipse les progrès de la justice transitionnelle en Gambie.

Dans un article d’opinion, Jallow a fait référence à une récente réunion de la Commission de consolidation de la paix des Nations unies (PBC) tenue aux États-Unis, au cours de laquelle un documentaire intitulé « Spotlight Documentary » sur le processus de justice transitionnelle en Gambie a été projeté. La session a également été marquée par les interventions du ministre gambien de la Justice et procureur général, Dawda Jallow, sur les progrès et les défis liés à la mise en œuvre des réformes de justice transitionnelle.

Selon Baba, les ambassadeurs participants, issus d’États membres et non membres de la PBC, ont salué le processus de justice transitionnelle de la Gambie, le décrivant comme un modèle de bonnes pratiques internationales. Il a indiqué que plusieurs diplomates ont appelé à un engagement politique continu et ont promis leur soutien à sa consolidation.

Il note que les praticiens gambiens de la justice transitionnelle sont de plus en plus invités à des forums internationaux pour partager l’expérience du pays dans son processus de réformes post-autoritaires après la fin du régime de l’ancien président Yahya Jammeh en 2017.

Cependant, Jallow affirme que les discussions sur la transition démocratique de la Gambie s’accompagnent souvent de questions concernant l’avenir politique du président Barrow, en particulier son intention de briguer un nouveau mandat.

Il décrit cette question comme un « éléphant dans la pièce » lors des échanges internationaux, estimant que, bien que le protocole diplomatique empêche de la mentionner directement, elle reste une source de préoccupation parmi les observateurs de la transition politique gambienne.

Jallow soutient que le débat sur un éventuel troisième mandat soulève des questions plus larges sur l’engagement politique en faveur du renouveau démocratique et sur les objectifs de la justice transitionnelle, notamment la responsabilité, la réforme des institutions et la prévention d’un retour à l’autoritarisme.

Il ajoute que les limites de mandats figuraient parmi les principales revendications lors de la transition politique en Gambie et constituaient une attente clé des citoyens ayant soutenu la coalition de 2016 qui a mis fin aux 22 ans de pouvoir de Yahya Jammeh.

Selon lui, l’absence de limites claires de mandat dans le cadre constitutionnel actuel continue d’alimenter le débat sur la durabilité des acquis démocratiques.

Jallow met en garde contre le fait qu’un maintien prolongé au pouvoir de tout dirigeant pourrait risquer d’éroder la confiance du public dans les réformes et de compromettre les progrès réalisés depuis 2017. Il ajoute que les enseignements de la justice transitionnelle devraient s’appliquer non seulement aux abus passés, mais aussi aux pratiques actuelles de gouvernance.

Il conclut que la direction de la transition démocratique en Gambie dépend du respect des principes de responsabilité et de retenue politique, soulignant que les résultats de la justice transitionnelle visent à empêcher un retour à un régime autoritaire.

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