Par : Fatou Krubally
La Commission des finances et des comptes publics (FPAC) du Parlement a accordé à la direction de l’Hôpital universitaire Edward Francis Small (EFSTH) un délai de 45 jours pour récupérer des fonds publics et mettre en œuvre des mesures correctives à la suite de constatations d’irrégularités financières et administratives révélées par des rapports d’audit couvrant la période de 2021 à avril 2024.
Cette directive figure dans l’examen par la Commission de la lettre de gestion du Vérificateur général ainsi que des rapports financiers connexes, qui ont mis en évidence des faiblesses dans la gestion financière, les pratiques de passation des marchés, les procédures de recrutement et les mécanismes de contrôle interne au sein du principal hôpital de référence du pays.
La FPAC a ordonné l’arrêt immédiat du versement des indemnités d’astreinte (« call allowances ») aux employés non couverts par la politique en vigueur et a exigé le recouvrement de tous les paiements irréguliers dans un délai de 45 jours à compter de la présentation de son rapport.
La Commission a également recommandé des mesures disciplinaires et des réformes des procédures de recrutement après que les auditeurs ont constaté des lacunes dans la vérification des qualifications académiques et des antécédents professionnels de certaines personnes nommées à des postes de direction.
Concernant les allégations de mauvaise conduite financière, la FPAC a demandé à l’Inspecteur général de la police d’enquêter sur des soupçons de détournement de fonds publics impliquant des paiements à des fournisseurs et des transferts qui auraient été liés à des comptes personnels de hauts responsables de l’hôpital. Elle a également recommandé le recouvrement des fonds associés à des avances de trésorerie non documentées ainsi qu’à des paiements non étayés par des preuves de travaux effectivement réalisés.
La Commission a en outre exprimé ses inquiétudes concernant la présence présumée d’employés fictifs (« ghost workers ») sur la liste de paie de l’hôpital, soulignant que des salaires auraient été versés à des personnes qui n’ont pu être localisées physiquement. Elle a ordonné à la direction de récupérer les fonds concernés et de fournir les preuves justificatives requises dans le délai imparti.
La FPAC a également relevé plusieurs insuffisances dans les procédures de passation des marchés, notamment l’absence de registres de stocks, l’acquisition d’équipements médicaux non fonctionnels dans le cadre de marchés publics et l’absence d’un registre des immobilisations. Elle a exhorté l’hôpital à renforcer ses contrôles internes, à améliorer le suivi de la présence du personnel et à assurer une meilleure tenue des registres.
Le rapport a également mis en lumière des préoccupations liées au respect des obligations fiscales, indiquant que plus de 17 millions de dalasis de retenues à la source n’avaient pas été prélevés sur les paiements effectués aux fournisseurs. La FPAC a recommandé que l’Autorité fiscale gambienne (GRA) enquête sur cette affaire et récupère toutes les sommes éventuellement dues.
Par ailleurs, la Commission a appelé à des améliorations en matière d’hygiène, d’assainissement et d’infrastructures au sein de l’hôpital, ainsi qu’à une révision de sa grille tarifaire, qui n’a pas été modifiée depuis 2014.
La FPAC a déclaré que la mise en œuvre de ses recommandations est essentielle pour renforcer la responsabilité, améliorer la supervision et protéger les ressources publiques. Elle a averti que le non-respect de ces directives pourrait exposer l’institution à des risques financiers persistants et compromettre la qualité des services fournis.
