Par : Fatou Krubally
Un avocat gambien et militant politique, Assan Martin, a exprimé de vives inquiétudes concernant la proposition du gouvernement d’une Politique nationale d’accréditation de la presse, avertissant que ces mesures pourraient compromettre la liberté de la presse et la responsabilité démocratique.
Le gouvernement gambien prévoit de mettre en place une Politique nationale d’accréditation de la presse ainsi que de nouvelles réglementations sur la radiodiffusion, qui donneraient de nouveaux pouvoirs à la Public Utilities Regulatory Authority (PURA) pour enregistrer et réglementer les journalistes et autres professionnels des médias dans le pays.
Dans un entretien avec The Voice, M. Martin a décrit cette politique proposée comme une tentative de réglementer l’espace médiatique, soulignant que les réformes touchant les journalistes devraient faire l’objet de larges consultations au sein du secteur des médias.
Il affirme que les propositions, si elles sont adoptées en l’état actuel, pourraient entrer en conflit avec le rôle des médias dans la reddition de comptes des autorités et l’information du public.
M. Martin note que la liberté d’expression et l’accès à l’information sont des droits garantis par la loi gambienne, avertissant que toute politique perçue comme restrictive de ces libertés pourrait avoir des implications plus larges pour la gouvernance.
Il a en outre mis en garde contre le fait que les exigences d’accréditation et les éventuelles conditions de licence pourraient décourager l’entrée dans la profession journalistique, en particulier chez les jeunes praticiens et les créateurs de contenu.
Selon lui, de telles mesures pourraient limiter la libre circulation de l’information et affaiblir le journalisme d’investigation.
M. Martin a également soutenu que les initiatives de réforme des médias devraient être menées par des institutions du secteur, citant la Gambia Press Union et le Media Council comme des organes appropriés pour guider de tels processus.
Il a ajouté qu’un contrôle accru de l’État sur les médias pourrait affecter négativement la position internationale du pays en matière de liberté de la presse et de gouvernance démocratique.
M. Martin a appelé les journalistes, les organisations de la société civile et le public à rester engagés dans les discussions sur la politique proposée, notant qu’elle restait sujette à révision.
Les réglementations proposées ont suscité un débat parmi les professionnels des médias et les groupes de la société civile, avec des appels à une consultation plus large avant toute décision finale.
