Par : Isatou Sarr
Les procureurs de l’État ont déposé leur plaidoyer final devant la Haute Cour, exhortant la cour à condamner les frères et sœurs Ousainou Bojang et Amie Bojang pour l’incident mortel de la fusillade de 2023.
On peut rappeler qu’en 2023, un incident de fusillade a eu lieu aux feux de circulation Sukuta–Jabang, qui a fait la mort de deux policiers et un autre grièvement blessé.
Le mémoire final a été présenté devant la juge Ebrima Jaiteh, l’accusation soutenant que les preuves présentées lors du procès prouvaient l’affaire contre l’accusé au-delà de tout doute raisonnable.
Ousainou Bojang, le premier accusé, fait face à cinq chefs d’accusation, dont meurtre, tentative de meurtre et actes de terrorisme. Sa sœur, Amie Bojang, est accusée d’un chef de complicité après coup dans un meurtre pour l’avoir prétendument aidé à fuir au Sénégal après l’incident.
Dans son allocution, l’État a décrit la fusillade comme un acte délibéré et calculé, soutenu par des témoignages oculaires, des preuves matérielles et ce que les procureurs considèrent comme des aveux faits par le premier accusé.
L’accusation s’est largement appuyée sur le témoignage de deux soldats, Ismaila Bojang (PW1) et Bakary R. Jarju (PW2), qui ont déclaré au tribunal avoir été témoins de l’incident en revenant de la plage. Selon leur témoignage, le tireur s’est battu avec un policier masculin avant de tirer sur lui, puis a tiré sur une policière qui tentait de s’échapper.
Les soldats ont également témoigné qu’ils avaient poursuivi le suspect vers la zone de Sukuta, au cours duquel le tireur aurait fait demi-tour et tiré plusieurs coups de feu dans leur direction.
Les procureurs ont déclaré au tribunal que les témoins décrivaient l’agresseur comme un homme grand et mince, aux jambes arquées, vêtu d’un caftan jaunâtre ou cendré et de chaussures montantes jusqu’aux chevilles.
L’État a soutenu que cette description correspond à celle d’Ousainou Bojang et a évoqué son identification lors d’un défilé d’identification organisé par le DSP Alieu Jallow.
Les preuves médicales présentées par le Dr Thomas Search, le pathologiste ayant pratiqué les autopsies, ont confirmé que les deux policiers — l’agent Sang J. Gomez et l’agent Pateh Jallow — sont morts de blessures par balle ayant provoqué une hémorragie massive.
L’État a également fait référence au témoignage du commissaire Momodou Sowe, qui a escorté le premier accusé hors de la frontière.
Selon l’accusation, Bojang a révélé des détails sur la fusillade, notamment des tirs sur le pare-brise d’un véhicule garé parce qu’il pensait que le conducteur l’enregistrait. Le propriétaire du véhicule, Sang Michael Jatta, a ensuite confirmé des dommages à sa voiture compatibles avec ce récit.
Les procureurs ont également déclaré qu’après son arrestation, le premier accusé a conduit les enquêteurs à son domicile à Brufut où les agents ont récupéré un caftan gris et une paire de chaussures de style Converse qui correspondaient à la description donnée par des témoins oculaires.
L’État a également mis en avant le témoignage de Mama Jabbie, un marabout au Sénégal, qui a déclaré au tribunal que Bojang lui avait avoué les meurtres tout en cherchant protection spirituelle et une aide financière pour voyager plus à l’intérieur des terres.
Elle a déclaré avoir ensuite alerté les autorités, ce qui a finalement conduit à son arrestation.
Concernant Amie Bojang, les procureurs ont soutenu qu’elle avait sciemment aidé à la fuite de son frère.
L’État s’est appuyé sur le témoignage du chauffeur de taxi Abdoulie Drammeh, qui a déclaré que la nouvelle de la fusillade était diffusée à la radio alors que les deux se dirigeaient vers la frontière.
Selon l’accusation, Amie Bojang n’a pas seulement organisé le taxi, mais a accompagné son frère au poste frontalier Darsilami–Giboro où il a traversé le Sénégal.
L’État a conclu que le poids combiné des témoignages oculaires, des preuves circonstancielles et des aveux présumés du premier accusé établissent clairement la culpabilité des deux accusés.
Avec les mémoires finaux désormais déposés par le ministère public et la défense, l’affaire attend son jugement. La Haute Cour devrait rendre son verdict le 30 mars 2026.
