Par Binta Jaiteh
Une enquête récente menée par le Centre pour la politique, la recherche et les études stratégiques (CepRas) prévoit que le parti au pouvoir, le National People’s Party (NPP), remportera l’élection présidentielle de 2026.
Le sondage d’opinion, financé par le National Endowment for Democracy (NED), place le United Democratic Party (UDP) en seconde position dans la course à la présidence.
L’Enquête nationale d’opinion avait pour objectif d’évaluer les perceptions du public sur la gouvernance, l’intégrité électorale, le comportement des électeurs et les tendances démocratiques plus larges en Gambie.
Lors d’une conférence de presse jeudi, le Dr Mustapha Jobarteh, présentant les résultats de l’enquête, a déclaré que l’Alliance du NPP domine les perceptions publiques en tant que probable vainqueur, tandis que l’UDP arrive en deuxième position. Il a précisé qu’une part importante des personnes interrogées ont refusé de donner une préférence ou se sont déclarées indécises.
Concernant le soutien à l’opposition, Jobarteh indique que l’UDP arrive en tête, suivi de l’Alliance pour la réorientation patriotique et la construction (APRC), puis de l’Organisation démocratique du peuple pour l’indépendance et le socialisme (PDOIS) et du United Movement for Change (UMC). Environ 25 % des personnes interrogées n’ont pas exprimé de préférence parmi les partis cités.
Par ailleurs, l’enquête a également examiné la confiance du public envers les informations diffusées sur les réseaux sociaux et la confiance dans la commission électorale. Jobarteh a qualifié la confiance dans les réseaux sociaux de « prudente et conditionnelle », tandis qu’un quart seulement des répondants ont exprimé une grande confiance dans la commission électorale, soulignant un déficit de confiance potentiel susceptible d’influencer la perception des élections.
Si la majorité des Gambiens considèrent les élections passées comme libres et équitables, une minorité notable, notamment parmi les jeunes, certaines régions et les groupes éduqués, a exprimé des doutes sur l’intégrité électorale.
Le Dr Jobarteh a exhorté les acteurs politiques à mobiliser les électeurs indécis – notamment les femmes, les jeunes et les habitants des zones urbaines – en privilégiant des stratégies axées sur les politiques plutôt que sur la rhétorique. Il a souligné que les résultats fournissent des informations cruciales sur les préoccupations et les attentes des électeurs en matière de gouvernance et de leadership.
L’enquête indique également que de nombreux électeurs indécis recherchent des positions politiques plus concrètes et des engagements réels en matière de réforme, en particulier de la part des principaux partis d’opposition. « Le titulaire du pouvoir fait face à un défi de légitimité, lié davantage à une évaluation de sa performance qu’à un alignement politique », a déclaré Jobarteh.
L’étude souligne la nécessité de se concentrer à nouveau sur les réformes de gouvernance, en particulier sur l’unité nationale, l’efficacité institutionnelle, la gouvernance économique, la création d’emplois et la sécurité publique. Elle recommande également des mesures renforcées pour lutter contre la corruption, notamment en consolidant les organismes autonomes de lutte contre la corruption, en appliquant les lois pertinentes et en augmentant la transparence dans la prise de décisions et les dépenses publiques.
