Par Fatou Krubally
Un officier supérieur à la retraite des forces armées gambiennes a saisi la Commission des réparations, affirmant que sa demande d’être reconnu comme victime de détention illégale durant l’ère Jammeh n’a pas été répondue.
Dans une lettre adressée au président de la Commission, le colonel Samsudeen Sarr (retraité) a déclaré avoir soumis sa demande le 12 janvier, à la suite d’une prise de contact publique auprès des victimes, mais n’avait reçu aucun recours.
« Aujourd’hui, nous sommes le 26 janvier 2026, et ma lettre a apparemment disparu dans l’obscurité bureaucratique », a-t-il écrit. « Pas de reconnaissance, pas de réponse, et même pas de reçu. »
Sarr a déclaré avoir été arrêté et détenu à la prison centrale du Mile Two du 27 juillet 1994 au 15 mai 1995, aux côtés d’officiers désormais officiellement reconnus comme victimes, dont le chef d’état-major de la Défense, le général Mamat Cham, le major Malick Njie et le conseiller à la sécurité nationale Aboubacarr Jeng.
Il a critiqué la Commission de vérité, de réconciliation et de réparations (TRRC) pour lui avoir refusé la possibilité de témoigner malgré sa demande officielle. Il a qualifié le processus d’injuste, affirmant que la Commission « a rédigé un jugement contre moi sans m’entendre ».
Sarr a noté que le gouvernement l’avait ensuite innocenté de toute faute dans son Livre blanc. « Innocenté par le gouvernement, je suis désormais condamné par le silence », a-t-il déclaré.
Il a également remis en question la compensation de Balo Kanteh, décrit comme un mercenaire condamné lié à l’attaque de la caserne de Farafenni en 1996, la qualifiant de « fois d’erreur administrative et de catastrophe morale ».
Sarr a exprimé des inquiétudes quant à la transparence concernant un versement anticipé de 50 millions de D’Ap au Centre des victimes, et a souligné que sa pétition vise à restaurer sa réputation plutôt qu’à rechercher une compensation financière.
« Je ne cherche pas à obtenir des réparations en échange d’argent, mais à effacer une tache peinte sur mon nom sans procès, sans vérité et sans conscience », écrivit-il.
Il a exhorté la commission à réagir, soulignant que son mandat est de guérir les victimes, pas de les ignorer.
