APEX risque de répéter la trahison de la coalition de 2016 – Ancien commandant de l’armée

Par Fatou Krubally

Le lieutenant-colonel à la retraite Samsudeen Sarr, ancien commandant de l’Armée nationale de la Gambie, a averti que la coalition APEX nouvellement formée pourrait répéter les échecs politiques qui ont suivi la victoire électorale de l’opposition en 2016.

Dans une déclaration publiée cette semaine, le Lt-col. Sarr a mis en doute la crédibilité de la coalition, affirmant qu’elle ignore le déficit de confiance laissé par les promesses non tenues faites aux Gambiens il y a près d’une décennie. Il a rappelé que la coalition de 2016 avait réussi grâce à des assurances portant sur une présidence transitoire de trois ans, des réformes constitutionnelles et la reconstruction institutionnelle — des engagements qui, selon lui, n’ont pas été respectés.

« Les conséquences de cette élection ont rendu les électeurs méfiants à l’égard de la politique de coalition, en particulier des arrangements dépourvus de garanties contraignantes et de mécanismes de redevabilité », a déclaré Sarr. Il a noté qu’APEX n’a pas expliqué comment elle entend empêcher la répétition de ce que de nombreux Gambiens considèrent comme une trahison politique.

L’ancien commandant de l’armée a également exprimé des préoccupations concernant la composition et la visibilité de la direction de la coalition. Il a souligné que certaines figures publiques sont d’anciens responsables gouvernementaux, tandis que d’autres sont peu connues, donnant l’impression qu’APEX est dirigée par des élites politiques plutôt que par une participation de la base.

Sarr a identifié le Parti démocratique uni (UDP) comme un défi majeur à la viabilité de la coalition. « Aucune alliance d’opposition ne peut raisonnablement réussir sans l’UDP », a-t-il déclaré, tout en notant que le parti est peu susceptible d’endosser un candidat en dehors de sa direction établie. Il a soutenu que le fait d’ignorer cette réalité politique affaiblit les fondements stratégiques d’APEX.

Il a ajouté que plusieurs partis d’opposition, dont le PDOIS et le GDC, auraient refusé de rejoindre l’initiative, tandis que d’autres restent électoralement marginaux ou non éprouvés, laissant la coalition sans une base nationale solide. Tirant des leçons des récentes élections au Sénégal, Sarr a déclaré que le changement politique nécessite non seulement l’unité des élites, mais aussi un message clair qui trouve un écho auprès des électeurs, en particulier des jeunes.

Il a conclu qu’à moins qu’APEX ne démontre comment elle compte reconstruire la confiance et se différencier des précédentes tentatives de coalition, les Gambiens sont peu susceptibles de se rallier à une nouvelle alliance de l’opposition à l’approche de l’élection présidentielle de 2026.