L’Assemblée approuve les dirigeants de la Commission anticorruption

Par : Fatou Krubally

L’Assemblée nationale a officiellement confirmé mercredi la nomination de nouveaux dirigeants pour la Commission gambienne anticorruption (ACC), marquant une étape cruciale dans le renforcement du dispositif national de lutte contre la corruption.

Serign Mass Jallow a été approuvé comme président, tandis qu’Almameh S. Manga et Isatou J. Nahara ont été validés comme commissaires, à la suite d’une motion présentée par Baboucarr Bouy, ministre de la Fonction publique, des Réformes administratives, de la Coordination des politiques et de la Mise en œuvre. Les nominations s’appuient sur les dispositions de l’Anti-Corruption Act, 2023.

Jallow, un auditeur chevronné titulaire d’un master en audit et fort de 20 ans d’expérience dans le contrôle du secteur public, apporte une expertise en investigations financières et en reddition de comptes. Manga, juriste doté d’un LLM en droits humains et justice pénale, possède une vaste expérience en poursuites judiciaires et en pratiques internationales de lutte contre la corruption. Nahara, magistrate principale et universitaire, apporte une solide expérience judiciaire à la commission.

Lors de l’approbation, les députés ont souligné l’importance de sélectionner des dirigeants compétents et indépendants. L’honorable Alagie Mbowe, député de Upper Saloum, a insisté sur le fait que la réussite de la commission dépend non seulement du leadership, mais aussi de ressources adéquates, mettant en garde contre la création de « commissions fantômes » dépourvues de personnel, de mobilité et de financement.

« Approuver des commissions est une chose, mais nous devons nous assurer qu’elles disposent du soutien nécessaire pour accomplir leur mission », a déclaré l’honorable Mbowe. « Nous ne pouvons pas créer des institutions qui n’existent que sur le papier. »

D’autres membres ont salué le rigoureux processus de sélection mené par le comité indépendant de vote, composé de représentants du gouvernement, de la société civile et d’organismes professionnels, soulignant que les nominations reflètent un équilibre réfléchi entre expertise juridique, financière et investigative.

L’ACC est chargée d’enquêter sur la corruption, de surveiller les institutions publiques, de poursuivre les infractions et de sensibiliser les citoyens à la gouvernance éthique. Avec la confirmation de la nouvelle direction, les députés ont exprimé l’espoir que la commission agira rapidement pour défendre l’intégrité et la responsabilité dans la fonction publique.