Le Centre Edward Francis Small pour les Droits et la Justice (EFSCRJ) a appelé le gouvernement à établir immédiatement un Comité Présidentiel pour gérer le possible retour et la poursuite de l’ancien président Yahya Jammeh, à la suite de son annonce indiquant qu’il prévoit de revenir en Gambie en novembre 2025.
Jammeh, qui a dirigé le pays pendant 22 ans avant d’être contraint à l’exil en 2017, a annoncé le 26 octobre son intention de revenir. Deux jours plus tard, le gouvernement a publié une brève déclaration reconnaissant son droit constitutionnel de revenir et réaffirmant son engagement à le poursuivre, comme recommandé par la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations (TRRC). Toutefois, l’EFSCRJ indique qu’aucune information supplémentaire n’a été partagée et qu’aucun mécanisme clair ne semble être en place pour gérer l’arrivée de l’ancien dirigeant, accusé de violations massives des droits humains.
Selon l’organisation, la déclaration de Jammeh cette fois est différente de ses précédentes annonces, car elle a été suivie d’une notification officielle au gouvernement. Cela rend, selon elle, les préparatifs à la fois urgents et inévitables.
L’EFSCRJ affirme qu’un Comité Présidentiel est essentiel pour éviter le désordre et garantir que le retour de Jammeh — qu’il soit imminent ou retardé — soit géré de manière légale, pacifique et transparente. Le groupe souligne que Jammeh n’est pas un simple citoyen de retour, mais un ancien chef d’État accusé d’exécutions extrajudiciaires, de disparitions forcées, de torture, de violences sexuelles et d’autres crimes documentés par la TRRC.
Le comité proposé serait chargé de préparer des protocoles détaillés, notamment de déterminer si Jammeh doit être arrêté à son arrivée, qui a l’autorité pour procéder à cette arrestation, où il sera détenu et comment la limite constitutionnelle de détention de 72 heures sera respectée. Le comité devrait également déterminer les conditions de résidence si Jammeh était autorisé à rentrer chez lui, en notant que ses propriétés sont actuellement sous la garde de l’État, et définir comment l’immunité prévue à l’article 69(3)(b) de la Constitution sera levée.
L’EFSCRJ soutient que l’organe doit inclure des représentants des victimes, des acteurs de la société civile et la Commission nationale des droits de l’homme afin d’assurer légitimité et transparence.
L’organisation a également exhorté le gouvernement à informer les organismes internationaux tels que l’UA, la CEDEAO et l’ONU, et à engager des discussions avec la Guinée équatoriale, où Jammeh réside depuis 2017.
Une fois les préparatifs achevés, l’EFSCRJ estime que le président devrait s’adresser à la nation afin de prévenir les tensions entre victimes, partisans et opinion publique plus large.
« Le gouvernement doit avoir une longueur d’avance », conclut la déclaration, avertissant que l’arrivée soudaine de Jammeh sans plan clair pourrait provoquer un chaos inutile.
