PASTEF Gambie répond aux propos de M. Nyang Njie sur la prétendue « guerre des prix » dans les télécoms

Par : Isatou Sarr

Le Patriotic Alliance for System Transformation and Emancipation through Functionalism (PASTEF) Gambie a rejeté avec force les affirmations de M. Nyang Njie selon lesquelles les récents développements dans le secteur des télécommunications s’apparentent à une « guerre des prix ».

Selon M. Mayorro Sidibeh, responsable de la communication et des relations publiques, une telle description est à la fois trompeuse et alarmiste. Il a soutenu que les ajustements actuels des tarifs de données et d’appels sont le résultat naturel d’un marché libéralisé où les entreprises innovent pour répondre à la demande des consommateurs.

« Les abonnés aux télécoms ne s’intéressent pas aux rivalités d’entreprises. Leur priorité, ce sont des prix abordables, un service fiable et une assistance clientèle réactive. Aucun opérateur responsable n’adopterait des stratégies tarifaires menaçant la durabilité à long terme. Ce que nous observons est une concurrence constructive, et non une instabilité du marché », a expliqué M. Sidibeh.

Il a également souligné que le rôle de l’Autorité de régulation des services publics (PURA) doit être correctement compris. Sa responsabilité, selon lui, est d’empêcher la surfacturation en fixant des plafonds raisonnables, et non d’imposer des planchers tarifaires qui restreignent la concurrence. Une telle interférence dans la tarification compétitive, a-t-il averti, risque d’étouffer l’innovation et, à terme, de nuire aux intérêts des consommateurs.

Concernant la fiscalité, le PASTEF a rejeté l’affirmation de M. Nyang selon laquelle les sociétés de télécoms supportent une taxe de 18,5 % sur chaque gigaoctet vendu. M. Sidibeh a qualifié cela de trompeur, précisant que la plupart des taxes liées aux télécommunications sont supportées par les consommateurs et non par les opérateurs. Il a expliqué que la TVA de 15 % est payée par les consommateurs, et non par les entreprises, tandis que l’impôt sur les sociétés est de 21 % sur les bénéfices, et non de 25 % comme affirmé. La taxe locative de 15 % incombe aux propriétaires, pas aux opérateurs télécoms, et d’autres prélèvements comme la taxe GSM de 1 % et la taxe sportive de 2,5 % sont également répercutés sur les consommateurs.

« Il est incorrect de présenter ces chiffres combinés comme un coût direct pour les entreprises. Cela gonfle artificiellement la charge perçue des opérateurs et fausse la compréhension du public », a-t-il soutenu.

Il a plutôt appelé à ce que le débat se concentre sur une fiscalité équitable et une amélioration du service aux consommateurs. Si les opérateurs sont désormais capables de fournir durablement des données à un prix inférieur à 50 dalasis par gigaoctet, a-t-il dit, cela prouve seulement que les inefficacités passées ou les marges gonflées sont corrigées, et non que les entreprises opèrent à perte.

En conclusion, le PASTEF réaffirme qu’il n’existe aucune « guerre des prix » dans le secteur des télécoms. Ce qui se déroule, selon le parti, est plutôt une transition attendue vers une tarification compétitive centrée sur le consommateur — une évolution qu’il qualifie de signe positif montrant que le marché fonctionne enfin dans l’intérêt des Gambiens.