Par: Fatou Krubally
Le Comité des Finances et des Comptes Publics (FPAC) de l’Assemblée nationale a exprimé de vives inquiétudes concernant la gestion financière de l’hôpital général de Kanifing (KGH), révélant des fonds non justifiés, des biens manquants, ainsi que la distribution alarmante de médicaments périmés aux patients.
Dans son dernier rapport, le FPAC signale que l’hôpital n’a pas présenté de justificatifs de paiements essentiels datant de 2010, notamment pour des décaissements en espèces relatifs aux services aux patients, aux avances de caisse et aux paiements aux fournisseurs, pour un montant total dépassant 44 000 dalasis. Le comité a accordé à la direction un délai de 30 jours pour soumettre ces justificatifs à l’examen.
Autre sujet de préoccupation : des paiements d’une valeur de 141 230 dalasis ont été effectués sans documents justificatifs, couvrant des services tels que la plomberie, l’impression, le carburant, les indemnités et les billets d’avion. Le FPAC exige la présentation de toutes les pièces manquantes et a averti que tout paiement futur devra impérativement respecter les procédures établies.
Le rapport a également révélé que le KGH n’avait pas déduit la taxe de retenue obligatoire de 10 % auprès des fournisseurs, n’avait pas obtenu les trois devis requis pour des achats totalisant 230 672,50 dalasis, et n’avait ni enregistré ni déclaré des biens essentiels tels que les véhicules, les terrains, les bâtiments, le matériel médical et les générateurs dans ses registres depuis près d’une décennie.
Selon le Comité, le magasin central de l’hôpital est en mauvais état, avec des articles éparpillés et non vérifiés en raison de l’absence d’étagères et d’une organisation adéquate. Les stocks de la pharmacie à la fin de chaque exercice financier n’ont pas été évalués, tandis que des médicaments périmés sont restés sur les étagères et ont été distribués aux patients — un problème que le FPAC qualifie de grave risque sanitaire.
L’audit a également révélé des écarts entre le registre des immobilisations de l’hôpital et ses états financiers, des différences inexpliquées dans les coûts des biens, ainsi qu’une classification incorrecte des recettes et des dépenses en capital. De plus, aucun document n’a été fourni pour justifier l’élimination des biens mis au rebut entre 2010 et 2014.
Le FPAC a en outre observé que l’hôpital ne disposait pas de manuel propre de comptabilité ou de gestion financière, s’appuyant uniquement sur les règlements généraux du gouvernement. Il ne dispose pas non plus d’un règlement interne adapté à ses opérations spécifiques et à son personnel.
Le Comité a exhorté la direction de l’hôpital à remédier sans délai à ces lacunes, à coopérer avec les autorités compétentes pour évaluer la valeur de ses biens, et à s’assurer de l’élimination appropriée des médicaments périmés.
Dans le cadre de ses recommandations, le FPAC a insisté pour que tous les documents en suspens soient transmis dans un délai de 30 jours, et a appelé à un contrôle renforcé pour prévenir les risques financiers et opérationnels futurs.
Ces révélations s’ajoutent aux inquiétudes croissantes concernant la responsabilité et la sécurité dans les établissements de santé publique, alors que les parlementaires réclament des réformes pour protéger les ressources limitées et le bien-être des patients.
