Par: Fatou Krubally
Le ministre des Finances et des Affaires économiques, l’honorable Seedy Keita, a révélé que la Gambie détient d’importantes actions dans plusieurs institutions financières internationales, tout en faisant face à des arriérés considérables, dont certains s’élèvent à des millions en unités monétaires internationales.
Cette révélation a été faite mercredi lors de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale pour l’année législative 2025. Le ministre Keita répondait à une question d’un député concernant les participations du gouvernement dans des organisations internationales et l’état des paiements effectués ou en attente.
L’honorable Keita a informé les députés que la Gambie détient actuellement 777 actions au sein du Groupe de la Banque mondiale, 2 867 à la Banque islamique de développement, 18 432 à la Banque africaine de développement, 40 à la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), et 30 actions dans le Groupe BSIC. Il a précisé que la participation de la Gambie au Fonds monétaire international (FMI) est gérée par la Banque centrale.
En ce qui concerne les paiements, il a indiqué que le gouvernement a versé 270 000 dollars à la Banque mondiale, 2,4 millions de dalasis en monnaie locale, et plus de 3 millions de dinars islamiques à la Banque islamique de développement. La Banque africaine de développement et la BIDC ont respectivement reçu 6,8 millions et 5 millions d’unités de compte, tandis que le Groupe BSIC a reçu 8 millions d’euros.
Le ministre a toutefois noté que le gouvernement doit encore des sommes importantes à ces institutions : 91 millions de dollars à la Banque mondiale (principalement du capital appelable), 4,3 milliards de dinars islamiques à la BID, 177 millions d’unités de compte à la BAD, plus de 17 millions à la BIDC et 9,4 millions d’euros au Groupe BSIC.
Concernant la fonction publique, le ministre a affirmé qu’il n’existe pas de « travailleurs fantômes ». Toutefois, il a refusé de donner le nombre exact d’employés, arguant que la question relève du Ministère de la Réforme administrative et de la Fonction publique. Il a aussi esquivé une question liée au coût financier des travailleurs fantômes, indiquant qu’en l’absence d’audit, son ministère ne peut fournir d’estimation.
Les députés ont également exprimé des préoccupations concernant les retards dans le versement de la Subvention d’Amélioration des Écoles (SIG), qui, selon eux, entrave le fonctionnement des établissements scolaires. Le ministre a reconnu que des contraintes de trésorerie ont affecté les décaissements, tout en soulignant que le SIG demeure une priorité gouvernementale. Il a présenté une ventilation détaillée des allocations du SIG de 2020 à 2025, montrant des variations selon l’effectif scolaire et la disponibilité budgétaire.
En ce qui concerne une éventuelle notation de crédit pour la Gambie, le ministre Keita a confirmé qu’il n’en existait pas actuellement, mais a indiqué que le gouvernement prévoit de solliciter une « notation fantôme » à titre préparatoire. Il a expliqué que de telles notations sont principalement nécessaires pour accéder aux marchés financiers internationaux, ce à quoi la Gambie n’est pas encore prête en raison de niveaux d’endettement élevés et d’autres conditions préalables.
La comparution du ministre des Finances devant les députés a marqué un moment clé de transparence budgétaire et a déclenché un débat sur la responsabilité dans les dépenses publiques et la réforme des institutions.
