Un politologue prédit la victoire du NPP aux élections de 2026 si…

Par : Nyima Sillah

Le politologue gambien basé aux États-Unis, le professeur Lamin Keita, a prédit que le parti au pouvoir, le National People’s Party (NPP), pourrait probablement remporter l’élection présidentielle de 2026 si les partis d’opposition ne parviennent pas à s’unir et à résoudre leurs problèmes internes.

Dans une interview exclusive accordée au journal The Voice, le professeur Keita a déclaré que la désunion croissante parmi les principaux partis d’opposition affaiblit leur efficacité et sème le doute dans l’esprit des électeurs, soulignant que les querelles de leadership, le manque de vision claire et les désaccords publics éloignent les citoyens ordinaires et donnent un avantage au parti au pouvoir.

« Si l’opposition ne se regroupe pas et ne fait pas ses devoirs, elle risque d’offrir l’élection au pouvoir en place par défaut », a-t-il averti.

Le professeur Keita a insisté sur le fait que le pouvoir de l’incumbent en Afrique ne doit pas être sous-estimé, car les partis au pouvoir ont généralement accès aux ressources de l’État, aux équipements et à une influence importante, ce qui rend difficile une compétition équitable face à une opposition divisée.

Il s’est également inquiété de la création croissante de nouveaux partis politiques sans base de soutien solide, qu’il a décrite comme une tendance utilisée par certains individus à des fins personnelles plutôt que pour le développement national. Selon lui, cela ne fait que diviser davantage les électeurs et détourner l’attention des véritables enjeux politiques.

Le professeur Keita a aussi souligné l’importance des réformes électorales, notamment en matière d’enregistrement des électeurs et de transparence, affirmant que le système actuel doit être amélioré pour garantir une égalité des chances et prévenir toute manipulation pendant les élections.

Il a également mis en garde contre les dangers du tribalisme et de la politique ethnique, affirmant que de telles pratiques divisent la nation et compliquent les efforts des partis d’opposition pour gagner la confiance de tous les Gambiens. Il a exhorté les politiciens à cesser d’attiser les tensions ethniques et à se concentrer plutôt sur l’unité nationale.

Le politologue a invité les leaders de l’opposition à tirer des leçons d’exemples dans d’autres pays africains, comme le Sénégal, où les partis ont réussi à mettre de côté les intérêts personnels pour soutenir un candidat commun dans l’intérêt de la nation.

Il a appelé les responsables politiques à organiser des réunions internes pour résoudre leurs différends, renforcer la confiance mutuelle et présenter un front uni, soulignant qu’en l’absence d’unité, l’opposition risque non seulement de perdre l’élection, mais aussi la confiance du public. « L’heure n’est plus à la division, et les groupes d’opposition doivent agir rapidement s’ils veulent un changement en 2026 », a conclu le professeur Keita.