Un économiste critique la proposition de pénaliser les commerçants d’arachides non autorisés

Par Haddy Touray

L’économiste gambien, le Dr Ousman Gajigo, a critiqué les déclarations attribuées au ministre gambien de l’Agriculture, Demba Sabally, suggérant l’imposition de lourdes sanctions aux individus ou entreprises impliqués dans le commerce des arachides sans licence.

Selon le Dr Gajigo, le ministre aurait proposé des amendes pouvant aller jusqu’à cinq millions de dalasis et des peines de prison allant jusqu’à cinq ans pour les contrevenants, une suggestion qu’il a qualifiée de malavisée et révélatrice d’une incompréhension des défis auxquels est confronté le secteur.

Il a soutenu que le nombre de commerçants opérant sur le marché de l’arachide n’est pas le principal problème affectant ce sous-secteur.
« Parmi tous les problèmes rencontrés dans la commercialisation des arachides, le fait d’avoir trop de commerçants n’en fait assurément pas partie », a-t-il déclaré, soulignant que le marché local des arachides est limité.

Le Dr Gajigo a expliqué que, mis à part la Société nationale de transformation et de commercialisation de la sécurité alimentaire (NFSPMC), propriété de l’État, la plupart des commerçants achètent des arachides principalement pour l’exportation et offrent souvent aux agriculteurs des prix plus élevés que ceux proposés par le gouvernement.

Il a affirmé que l’encouragement de l’entrée de davantage d’acheteurs sur le marché aiderait à améliorer la concurrence et à augmenter les revenus des agriculteurs.

L’économiste a également soutenu que les réglementations existantes obligeant les commerçants privés à s’enregistrer auprès de la NFSPMC nuisent à la concurrence, car les entreprises privées sont effectivement régulées par un concurrent appartenant à l’État.

Il a souligné que la question avait été mise en évidence dans un rapport de 2023 de la Commission gambienne de la concurrence et de la protection des consommateurs (GCCPC), qui concluait que l’obligation d’enregistrement pouvait permettre à l’entreprise publique d’éliminer ses concurrents du marché.

Selon le rapport, cette obligation a également été appliquée de manière sélective contre les petites entreprises de commercialisation.

Le Dr Gajigo a insisté sur le fait que l’objectif principal de la commercialisation des arachides devrait être d’assurer de meilleurs revenus pour les agriculteurs grâce à une concurrence accrue entre les acheteurs.

Il a ajouté que le succès de la NFSPMC devrait être considéré comme un moyen d’améliorer le bien-être des agriculteurs plutôt qu’une fin en soi.

Par ailleurs, le député président adjoint de l’Assemblée nationale de Gambie, Seedy Njie, faisait partie de ceux qui auraient remis en question la proposition du ministre.

Le Dr Gajigo a déclaré que les amendes punitives ou les peines de prison ne devraient s’appliquer qu’aux activités causant un préjudice démontrable, notant que le commerce des arachides est une activité légitime qui ne devrait pas être criminalisée.

Il a également appelé les autorités à se concentrer sur des défis plus urgents affectant le secteur agricole, notamment l’accès limité aux intrants agricoles essentiels, l’infrastructure d’irrigation insuffisante, la faible capacité de transformation locale et la mauvaise gestion post-réco

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