Par : Fatou Krubally
Les entreprises de télécommunications publiques GAMTEL et GAMCEL ont enregistré des pertes combinées dépassant 870 millions de D en 2022, ont appris hier les législateurs.
Cette révélation a été faite lors de la présentation du rapport annuel d’activité et des états financiers des entreprises devant la Commission permanente des entreprises publiques de l’Assemblée nationale.
Le rapport a montré que, bien que les revenus se soient améliorés dans certains domaines, les dettes croissantes, les inefficacités opérationnelles et les obligations financières héritées continuaient de peser lourdement sur les deux institutions.
GAMCEL a déclaré un chiffre d’affaires d’environ 450,3 millions de D, une augmentation de 17 % principalement due à la croissance des données et des services de lignes louées. Le bénéfice brut est passé à 336 millions de D. Cependant, la société a enregistré une perte nette d’environ 749,5 millions de D, principalement due à une provision de 486,6 millions de Ds pour dettes douteuses liées à des créances de longue date.
Les auditeurs ont émis un avis non réservé sur les comptes de GAMCEL mais ont noté des incertitudes importantes quant à la viabilité de l’entreprise, citant des pertes accumulées et des fonds propres négatifs.
GAMTEL a vu le chiffre d’affaires diminuer de 277,3 millions de D à 192,9 millions, enregistrant une perte d’environ 121,3 millions de D. Les responsables ont attribué ce ralentissement à des contraintes de capital, des défis liés aux infrastructures et une forte concurrence sur le marché des télécommunications. L’entreprise est également exposée à un prêt garanti par le gouvernement de 125 millions de D.
Les auditeurs ont souligné les préoccupations liées à la gouvernance et à la conformité, notamment l’exécution limitée des activités d’audit interne, les retards dans le versement des déductions statutaires à la Social Security and Housing Finance Corporation, ainsi que les questions de conformité des marchés publics liées aux contrats d’approvisionnement en carburant.
La direction a indiqué que certains défis découlaient de contraintes de capacité et de faiblesses opérationnelles historiques, mais a assuré aux législateurs que des réformes étaient en cours. Les mesures prévues incluent le renforcement du recouvrement de dettes, l’amélioration des contrôles internes et le renforcement de la conformité réglementaire.
Le comité a également été informé d’un plan social soutenu par la Banque mondiale, d’une valeur de 6,4 millions de dollars, visant à restructurer les opérations et à réduire la pression sur les emplois salariaux. L’exercice a touché 641 employés répartis dans les deux entités et a été décrit comme nécessaire pour rétablir l’efficacité et la compétitivité.
En regardant vers l’avenir, les responsables ont indiqué que le Cabinet avait approuvé des plans pour un partenariat public-privé afin de soutenir la modernisation du réseau et l’expansion des infrastructures. Cette initiative devrait améliorer la qualité des services et la génération de revenus.
Les législateurs ont souligné l’importance de réformes durables et de gouvernance renforcée pour protéger les infrastructures nationales des télécommunications et orienter les institutions vers la reprise.
