Par Binta Jaiteh
Le directeur exécutif du Centre Edward Francis Small pour les Droits et la Justice (EFSCRJ), Madi Jobarteh, a lancé un défi au maire de Banjul, Rohey Malick Lowe, l’invitant à établir une commission d’enquête si elle estime que les allégations portées contre son administration sont fausses ou malveillantes.
Dans une déclaration publiée jeudi, M. Jobarteh a affirmé que la transparence, plutôt qu’une action en justice, constituerait la réponse la plus appropriée au différend en cours au sein du Conseil municipal de Banjul (BCC).
« La réponse la plus puissante n’est pas une lettre d’avocat, mais la transparence », a-t-il déclaré, exhortant le maire à inviter des auditeurs indépendants, à ouvrir les dossiers de passation des marchés, à solliciter la supervision du ministère des Collectivités locales et à convoquer une session publique du conseil afin d’examiner les préoccupations soulevées.
Selon lui, le différend entre le maire Lowe et le conseiller Fallou Gallas Ceesay ne doit pas être considéré comme une querelle personnelle, mais comme un test important de transparence et de gouvernance démocratique dans la capitale.
M. Jobarteh s’est dit préoccupé par des informations selon lesquelles le maire aurait menacé d’intenter une action en justice contre un autre membre du conseil à la suite de déclarations publiques relatives à des projets municipaux. Il a soutenu que lorsque des désaccords surgissent concernant la gestion des ressources publiques, la pratique démocratique exige une réfutation, la divulgation des informations et une enquête plutôt qu’un recours judiciaire.
« Les conseillers ne sont pas des spectateurs ; ce sont des représentants élus investis de responsabilités de contrôle », a-t-il déclaré, ajoutant que les conseillers ont à la fois le droit et le devoir de soulever des préoccupations concernant la gestion des projets et des fonds publics.
Il a souligné que les allégations portant sur des ressources publiques exigent un examen approfondi, insistant sur le fait que les responsables publics doivent être ouverts à la critique et à la reddition de comptes.
Le directeur exécutif de l’EFSCRJ a également indiqué qu’une enquête indépendante pourrait soit disculper le maire, soit identifier des faiblesses nécessitant des mesures correctives, notant que, dans les deux cas, les habitants de Banjul en bénéficieraient.
Il a averti que le recours à des menaces judiciaires pourrait créer un effet dissuasif au sein du conseil, risquant de décourager les élus de remettre en question les décisions de l’exécutif.
M. Jobarteh a également reconnu que le maire adjoint Abdou Azziz Gaye a publiquement rejeté les allégations formulées par le conseiller Gallas, les qualifiant d’infondées et trompeuses.
Il a conseillé au conseiller Gallas de veiller à ce que toutes ses affirmations soient étayées par des preuves et communiquées de manière responsable, soulignant que la prise de parole dans l’intérêt public s’accompagne d’une responsabilité correspondante.
« Le maire Lowe a l’occasion de renforcer son leadership et la crédibilité du Conseil municipal de Banjul. Retirer les menaces judiciaires et adopter une enquête transparente démontrerait de la confiance, et non de la faiblesse », a déclaré Madi, ajoutant que la reddition de comptes ne doit pas être confondue avec la diffamation.
