Par : Isatou Sarr & Cecilia E.L. Mendy
L’ancien Jungler Sanna Manjang a plaidé « non coupable » jeudi à deux chefs d’accusation de meurtre devant la Haute Cour de Banjul.
Il convient de rappeler que Manjang est accusé du meurtre de Kajali Jammeh, également connu sous le nom de « Le Cock », et de Samba Wurry en 2006.
Il a comparu devant le juge Sidi K. Jobarteh, où l’affaire était initialement inscrite pour la prise de plaidoyer. Manjang est accusé d’avoir assassiné Kajali Jammeh en lui tranchant prétendument le cou avec un couteau, et Samba Wurry en le poignardant prétendument à la poitrine, les deux faits étant censés s’être produits à Kanilai, dans la région de la Côte Ouest.
L’équipe de l’accusation était composée du directeur adjoint des poursuites publiques, E.R. Dougan, aux côtés de P. Gomez, F. Drammeh, M. Jammeh et A. Badjie. La défense était dirigée par l’avocat S.K. Jobe, assisté de F. Jammeh.
Au début de la procédure, l’avocat de la défense a soulevé une objection préliminaire contestant la compétence des charges. Me Jobe a soutenu que l’acte d’accusation déposé le 12 janvier 2026 était fondé sur le Code pénal, Cap 10, qu’il a affirmé avoir été abrogé par l’article 344 de la loi de 2025 sur les infractions pénales.
Il a fait valoir qu’une loi abrogée cesse d’exister et ne peut servir de base à une accusation criminelle, citant des autorités judiciaires nigérianes pour appuyer son argument selon lequel une loi inexistante ne peut être invoquée par les tribunaux. Selon la défense, le recours au Code pénal abrogé privait le tribunal de compétence et rendait l’ensemble de l’acte d’accusation nul et non avenu.
L’accusation s’est opposée à l’objection, soutenant que les infractions présumées avaient été commises en 2006, bien avant l’entrée en vigueur de la loi de 2025 sur les infractions pénales. Le procureur de l’État, Dougan, a fait valoir que la loi applicable au moment des faits allégués était le Code pénal et que la nouvelle loi ne pouvait s’appliquer rétroactivement.
Dans sa décision, le juge Jobarteh a rejeté l’objection préliminaire de la défense, estimant que, bien que le Code pénal ait été abrogé, les dispositions transitoires prévues à l’article 2(1)(c) de la loi de 2025 sur les infractions pénales préservaient les responsabilités et les poursuites pour les actes commis avant son entrée en vigueur.
Il a statué que la responsabilité pénale s’attache au moment où l’infraction est commise et que les poursuites pour des infractions prétendument commises avant la nouvelle loi demeurent régies par la loi abrogée. En conséquence, le tribunal a jugé les charges recevables et a procédé à la prise du plaidoyer de l’accusé.
À la suite de la décision, l’avocat de la défense a demandé un délai pour consulter son client, notant que l’acte d’accusation n’avait été signifié que la veille. Bien que l’accusation n’ait pas objecté à un ajournement, le tribunal a refusé, déclarant que l’affaire était programmée uniquement pour la prise de plaidoyer. Une brève suspension a été accordée pour la consultation.
À la lecture des charges, Sanna Manjang a plaidé non coupable des deux chefs d’accusation de meurtre, contraires à l’article 187 du Code pénal, Cap 10, volume III, Lois de la Gambie 2009.
Le procureur de l’État a ensuite demandé un ajournement afin de permettre à l’accusation de citer son premier témoin. L’affaire a été renvoyée au 9 février 2026.
