Par : Fatou Krubally
Le président Adama Barrow a officiellement lancé mardi le Programme d’amélioration des moyens de subsistance du WACA, une initiative de cinq millions de dollars destinée à renforcer les moyens de subsistance et à développer la résilience climatique des communautés vivant le long du cours d’eau Kotu.
La cérémonie de lancement, tenue au Centre international de conférences Sir Dawda Kairaba Jawara, s’inscrit dans le cadre du Projet d’investissement pour la résilience des zones côtières de l’Afrique de l’Ouest (WACA) II, financé par la Banque mondiale à hauteur de 45 millions de dollars et mis en œuvre par le ministère de l’Environnement, du Changement climatique et des Ressources naturelles.
Le programme de moyens de subsistance cible 4 000 bénéficiaires, en accordant une priorité aux femmes, aux jeunes et aux personnes en situation de handicap, dont les moyens de subsistance ont été gravement affectés par les inondations récurrentes, la dégradation de l’environnement et les effets du changement climatique dans la région du Grand Banjul.
S’exprimant lors de la cérémonie, le président Barrow est revenu sur les inondations dévastatrices de 2022, qui ont coûté la vie à des personnes et déplacé des milliers d’habitants, en particulier dans les zones densément peuplées autour du cours d’eau Kotu. Il a déclaré que le projet WACA constituait une réponse directe à ces défis, en combinant le développement des infrastructures et l’autonomisation économique.
« Ce programme vise à protéger des vies, à restaurer la dignité et à renforcer la résilience », a déclaré le Président, ajoutant que l’initiative s’inscrit dans l’agenda de protection sociale de son gouvernement ainsi que dans le Plan national de développement.
La première phase du programme de moyens de subsistance permettra de décaisser 1,6 million de dollars pour soutenir 1 500 bénéficiaires, notamment des entreprises individuelles, des groupes de moyens de subsistance, des organisations paysannes et des coopératives de producteurs opérant le long du cours d’eau Kotu.
S’adressant plus tôt aux participants, le coordonnateur du projet WACA, Masanneh Landing Ceesay, a indiqué que le cours d’eau Kotu sert de système naturel de drainage pour 11 communautés, abritant plus de 200 000 personnes, et soutient des activités allant de l’agriculture urbaine et de l’horticulture à la production de batik, à la pêche et à l’écotourisme.
Il a précisé que le programme fournirait des subventions, des formations en compétences, des services de conseil aux entreprises, du mentorat et un accès aux marchés, tout en promouvant des entreprises intelligentes face au climat telles que le recyclage des déchets, la fabrication de compost et l’agriculture urbaine durable.
Le représentant pays du Centre du commerce international (ITC), Yusupha Keita, a qualifié le programme de « véritable tournant », soulignant qu’il transformerait des activités informelles de survie en entreprises durables. Il a insisté sur le fait que les bénéficiaires sont des « entrepreneurs limités par les opportunités, et non par le potentiel ».
Le représentant de la Banque mondiale, Matar Touray, s’exprimant au nom de l’institution, a déclaré que les moyens de subsistance sont au cœur de la résilience climatique, notant qu’une majorité de Gambiens dépendent de formes d’emploi basées sur les ressources naturelles et souvent vulnérables.
Il a réaffirmé l’engagement de la Banque à soutenir une croissance inclusive et la résilience, en particulier pour les femmes et les jeunes.
Le programme sera mis en œuvre parallèlement à des travaux de génie civil prévus, notamment la restauration et le reprofilage des 11,2 kilomètres du cours d’eau Kotu, visant à réduire les risques d’inondation et à améliorer les conditions environnementales.
Le président Barrow a officiellement déclaré le programme lancé, appelant les bénéficiaires et les parties prenantes à s’approprier l’initiative afin d’en garantir un impact durable.
