L’ancien procureur général Tambadou clarifie des incohérences dans les rapports de biens de l’État confisqués

 

Par : Fatou Krubally

L’ancien procureur général et ministre de la Justice, M. Abubacarr M. Tambadou, est réapparu hier devant la commission spéciale chargée d’enquêter sur la vente et la cession des biens confisqués au profit de l’État, mettant en lumière des incohérences clés dans la déclaration et la gestion des biens liés aux recommandations de la Commission Janneh.

Lors de sa session, Tambadou a précisé que, bien qu’il existe plusieurs copies du rapport du comité interministériel sur les biens confisqués, il n’existe pas de version finale signée du document. « Le rapport diffusé par différents membres du groupe de travail, le ministère de la Justice, et même le Bureau du Président, reste non signé. Cependant, toutes les parties concernées s’accordent à dire qu’il reflète fidèlement les décisions du groupe de travail », a déclaré Tambadou au comité.

Il a expliqué que le rapport avait été soumis au Secrétaire du Cabinet avec des échanges d’emails montrant des demandes pour que les membres du groupe de travail le signent. Ces échanges indiquent que les membres ont reçu des copies électroniques, ont donné des commentaires et n’ont finalement soulevé aucune objection lorsque le rapport a été présenté au Cabinet.

Tambadou a également apporté des éclairages sur le rôle du sous-comité technique du groupe ministériel, présidé par le Solicitor General. Cette sous-commission, composée de secrétaires permanents de divers ministères, avait pour mission d’examiner la liste complète des propriétés et les recommandations de la Commission Janneh, fournissant une couche secondaire de transparence et des directives détaillées aux ministres qui ne pouvaient pas examiner personnellement chaque propriété.

« Le comité technique a conseillé sur la meilleure utilisation de chaque propriété, y compris les propriétés en bail et régionales », a expliqué Tambadou. Il a souligné que le groupe ministériel a adopté une approche fragmentaire, privilégiant les biens à vendre tout en poursuivant les délibérations sur d’autres.

Concernant les rapports soumis au Cabinet, Tambadou a noté que le document qu’il a personnellement rédigé et soumis le 23 avril 2020 reflétait les ventes réalisées durant son mandat. Cependant, il a souligné que le rapport final avait été achevé après son départ de ses fonctions le 30 juin 2020, ce qui rendait impossible pour lui de superviser sa soumission.

Le témoignage de Tambadou visait à clarifier la précision procédurale des ventes de biens immobiliers et des soumissions de rapports, en répondant aux préoccupations concernant la cohérence factuelle et la légitimité des documents sur lesquels s’appuyait le comité.

Le comité doit désormais concilier les multiples soumissions et rapports non signés afin de s’assurer que ses conclusions reposent sur des preuves exactes et vérifiables.