Le Comité de la Défense Signale de Graves Lacunes dans le Budget 2026, Déclare que les GAF ne Peuvent pas Soutenir les Indemnités

 

Par : Fatou Krubally

Le Comité permanent de la Défense et de la Sécurité de l’Assemblée nationale a tiré la sonnette d’alarme concernant un sous-financement important dans les prévisions budgétaires 2026 du ministère de la Défense et des Forces armées gambiennes (GAF), avertissant que des besoins essentiels, tant opérationnels que liés au bien-être du personnel, risquent de ne pas être satisfaits si les allocations restent inchangées.

Selon le rapport consolidé du Comité, le ministère de la Défense n’a enregistré aucune économie réelle pour le prochain exercice fiscal. Toutefois, les députés ont noté que le salaire de base et les indemnités avaient été surestimés par le ministère des Finances en raison de ce que le Comité a qualifié d’erreur interne de calcul. Ainsi, les 25,2 millions de dalasis initialement budgétés pour les salaires de base ont été ajustés de 8,9 millions, tandis que les indemnités, d’abord fixées à 44,7 millions, ont également été réduites de 17,9 millions.

Malgré ces ajustements, le Comité a souligné que les préoccupations les plus importantes émanent des Forces armées gambiennes, qui ont indiqué que le plafond budgétaire 2026 est insuffisant pour maintenir les TaCOS, les conditions générales de service couvrant notamment les indemnités de logement des soldats. Les responsables des GAF ont averti que sans augmentation, ils ne pourront pas maintenir ces paiements, notant également que les indemnités de risque prévues pour l’année prochaine restent non financées.

En outre, les GAF ont demandé 26,2 millions de dalasis pour remplacer les uniformes et équipements de protection usés, évoquant leur détérioration due aux lavages fréquents. Seulement 6 millions ont été alloués, laissant un déficit de plus de 20 millions. Le Comité a également relevé que la ligne budgétaire relative à l’alimentation et aux services alimentaires était sous-financée de 5 millions, tandis que des lignes opérationnelles essentielles telles que les armes et munitions ainsi que la formation étaient « significativement sous-financées ».

La Marine gambienne a également exprimé de vives inquiétudes, notamment concernant le budget destiné au carburant, à la maintenance et aux pièces de rechange pour sa flotte vieillissante. Les responsables navals ont informé le Comité que la plupart des bateaux sont dans un état médiocre, limitant leur capacité de patrouille à un moment où la pêche illégale est en augmentation. La réduction de la surveillance maritime, ont-ils averti, contribue à l’accroissement des activités illégales, ce qui participe à la hausse du prix du poisson sur les marchés locaux.

Le rapport souligne que ces lacunes budgétaires risquent de compromettre la sécurité nationale et le bien-être des troupes si elles ne sont pas corrigées de toute urgence. Le Comité a appelé à une réévaluation des allocations de défense afin de garantir que les forces armées demeurent prêtes sur le plan opérationnel et capables de répondre aux défis sécuritaires croissants.

Les conclusions s’inscrivent dans le Rapport consolidé du Comité des Finances et des Comptes publics sur les prévisions de recettes et de dépenses 2026, présenté en novembre 2025.