Par : Fatou Krubally
Le directeur général du Conseil du tourisme de Gambie (GT Board), Abubacarr S. Camara, est comparu hier devant le Comité spécial spécial de l’Assemblée nationale chargé d’enquêter sur la vente et la cession des actifs liés à la Commission Janneh.
Au cours d’une séance tendue, M. Camara a eu 48 heures pour fournir des documents spécifiques relatifs à l’attribution des terrains, y compris des dossiers liés à la propriété controversée de Rasko. Le comité a demandé à clarifier l’historique des attributions, annulations et relocalisations, suite à des allégations d’incompréhensions administratives et d’irrégularités procédurales dans la gestion des terres publiques.
Dans son témoignage, M. Camara a expliqué que le terrain en question avait initialement été attribué à Moab Investment (plus tard identifiée comme Moab Capital Company Limited) en décembre 2019. Il a confirmé que la société avait respecté l’exigence de paiement de 5 % et a souligné qu’aucun bail formel n’avait été délivré avant l’annulation de l’allocation. Le DG a indiqué que la décision d’annuler et de réallouer les terrains avait été prise suite aux instructions reçues par téléphones de ministres et de secrétaires permanents, un processus qu’il a défendu comme une pratique standard compte tenu de l’accord de l’investisseur concerné.
« J’ai confirmé avec le département technique avant d’agir », a déclaré M. Camara au comité, notant que, bien qu’aucune directive écrite n’ait été émise, les communications ont été validées avec des responsables clés, dont le ministre du Tourisme et le ministre de l’Information. Il a ajouté que le terrain reste une propriété de l’État, sans qu’aucun nouveau bail n’ait été délivré à aucune partie après la réaffectation.
Le comité a insisté auprès du DG sur les raisons pour lesquelles de telles décisions cruciales ont été prises sans documentation formelle. M. Camara a reconnu cette lacune, affirmant qu’elle était principalement due à la complexité du processus d’allocation et à l’urgence de traiter les pétitions des investisseurs. Il a assuré aux parlementaires que les dossiers demandés seraient soumis dans le délai de 48 heures.
L’audience a également abordé le contexte plus large des attributions de terres sous le Conseil du GT, y compris les litiges concernant d’autres propriétés comme Bansaiya et des zones situées à Katelai Point. M. Camara a souligné que les allocations sont soumises à des conditions telles que les évaluations d’impact environnemental et les étapes de développement, les baux de stock étant délivrés uniquement en cas de conformité.
Les membres du comité ont souligné l’importance des documents formels et de la transparence, en particulier dans les cas liés à des propriétés précédemment détenues sous des baux associés à d’anciens responsables de l’État. La session a souligné les préoccupations persistantes concernant la gouvernance et la responsabilité dans la gestion des terres par l’État, la directive des 48 heures servant de test crucial de conformité.
Le comité se réunira à nouveau une fois la documentation demandée soumise, et de nouvelles questions devraient clarifier la chaîne d’approbations et de décisions concernant ces allocations très médiatisées.
