Par : Fatou Krubally
L’ancienne avocate principale de la Commission Janneh, Amie Bensouda, est réapparue hier devant le Comité spécial de l’Assemblée nationale chargé d’enquêter sur la vente et la cession des biens identifiés par ladite commission.
Au cours de son témoignage, Bensouda a cherché à obtenir des éclaircissements sur son rôle au sein de la commission ainsi que sur de potentielles allégations liées à l’ancien secrétaire Mamadi Kurang.
Bensouda a indiqué au comité qu’elle avait comparu pendant trois jours consécutifs mais qu’elle était de plus en plus incertaine quant à l’objectif de certaines questions posées. Elle a relevé que plusieurs témoins avaient suggéré qu’elle dirige l’équipe d’enquête, mais elle a souligné que son rôle était clairement défini dans le rapport de la commission et dans ses lettres officielles d’engagement.
« J’ai l’impression, et je peux me tromper, que l’on me prend par surprise », a déclaré Bensouda au comité. « S’il y a des allégations auxquelles je suis appelée à répondre, j’ai besoin de savoir lesquelles. Si ce comité enquête sur des accusations formulées par M. Mamadi Kurang, je devrais en être informée afin de pouvoir venir préparée pour y répondre. »
Bensouda a mis en avant que ses responsabilités en tant qu’avocate principale consistaient à coordonner les enquêtes, superviser les enquêteurs et examiner les preuves. Elle a insisté sur le fait que les enquêteurs de la commission travaillaient sous sa supervision fonctionnelle, et que les relations au sein de la commission étaient collaboratives et non hiérarchiques.
Elle a fait référence à plusieurs documents officiels, notamment ses lettres d’engagement et des notes adressées au secrétariat, qui décrivaient le périmètre et les procédures opérationnelles de son équipe. Bensouda a affirmé que ces documents étaient définitifs pour expliquer son rôle, et que les opinions ou témoignages d’autres témoins ne pouvaient supplanter le rapport officiel de la commission.
L’ancienne avocate a également attiré l’attention sur l’article 119 de la Constitution de 1997, soulignant les privilèges accordés aux témoins devant les comités parlementaires et la nécessité de transparence lorsqu’une allégation est soulevée. Elle s’est interrogée sur le fait de savoir si les questions du comité relevaient strictement de son mandat concernant les enquêtes sur les biens, avertissant que toute allégation personnelle devait être clairement présentée.
Le témoignage de Bensouda a mis en évidence son insistance sur l’équité procédurale et la transparence, alors qu’elle cherchait à s’assurer que toute réclamation ou allégation soit formellement documentée. L’audience s’est poursuivie avec des discussions détaillées sur le fonctionnement de la commission, le rôle des enquêteurs et la supervision juridique assurée par son bureau.
Sa comparution renforce le contrôle continu sur la gestion des biens identifiés par la Commission Janneh, tout en soulignant la nécessité de clarifier ce qui constitue une autorité et une responsabilité d’enquête appropriées.
