Par : Fatou Krubally
Le maire du Conseil municipal de Kanifing (KMC), Talib Ahmed Bensouda, a admis mercredi des failles de supervision concernant l’utilisation des fonds du conseil.
Il a précisé que cela concernait particulièrement les activités de formation politique des jeunes. Bensouda a fait ces remarques lors de la poursuite de son témoignage devant la Commission d’enquête sur les collectivités locales.
Sous l’interrogatoire du conseiller principal Patrick Gomez, le maire Bensouda a reconnu que les demandes des conseillers pour des activités nécessitant des ressources du conseil – financières, humaines et matérielles – étaient souvent adressées directement au Directeur général (CEO) au lieu de passer par le bureau du maire, comme l’exige la procédure. Il a décrit cela comme une faille procédurale qui mettait une pression sur le personnel administratif et risquait de provoquer des irrégularités dans le décaissement des fonds.
« Chaque fois qu’un conseiller demande une activité nécessitant des ressources du conseil, elle doit d’abord passer par le bureau du maire pour être évaluée », a expliqué le maire Bensouda. « J’approuve l’activité, pas le paiement. C’est finalement au CEO de décider si les fonds sont autorisés. »
La controverse tourne autour d’un programme de formation politique des jeunes dirigé par le conseiller Kemo Bojang, pour lequel le bureau de la jeunesse avait demandé 26 500 dalasis au bureau du maire. Les fonds devaient servir à former 150 jeunes pendant trois jours sur la bonne gouvernance, le leadership et la participation politique, avec l’intervention de formateurs de la Westminster Foundation.
Le maire Bensouda a confirmé avoir validé l’activité en raison de son importance, mais a insisté sur le fait qu’il n’avait pas l’autorité d’approuver directement les paiements. « J’évalue le mérite de l’activité et je conseille sur les montants si ceux-ci paraissent excessifs. Mais c’est le rôle du CEO d’autoriser le décaissement financier », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que les failles passées avaient été aggravées par l’incapacité des comités du conseil à indiquer si les dons et subventions constituaient une partie des revenus du conseil, ainsi que par l’inaction des ministères et des organes de contrôle externes face aux erreurs procédurales. « Si tout le monde échoue, alors cela devient un échec total du système », a-t-il remarqué, qualifiant ces incidents de « failles » plutôt que de mauvaise gestion délibérée.
Pour remédier à ces difficultés, le maire Bensouda a mis en avant la création du fonds des Comités de développement de circonscription (WDC), conçu pour permettre aux conseillers de mener des activités communautaires de manière contrôlée sans puiser directement dans les ressources du conseil.
Le témoignage du maire met en évidence les défis persistants dans la gouvernance locale, notamment dans la supervision des fonds publics, et a relancé les appels à un renforcement de la gestion financière et de la responsabilité au sein du KMC.
L’enquête se poursuit, avec le conseiller principal examinant plus en détail la conformité aux procédures et la gestion par le conseil des subventions, dons et revenus internes.
