Par: Fatou Krubally
L’ancien président du Conseil de la zone de Brikama, Sheriffo Sonko, et l’ex-directeur général, Modou Jonga, sont réapparus devant la Commission d’enquête sur les collectivités locales le lundi 11 août, faisant face à un interrogatoire intense concernant des allégations de suppression de recettes et d’irrégularités dans l’audit interne.
L’affaire concerne l’ancien collecteur de recettes, Alieu Saine, accusé d’avoir dissimulé des recettes du conseil à hauteur de 164 000 D. Sonko a nié tout lien familial avec Alieu Saine, contrairement aux affirmations de l’auditeur interne du conseil, Sulayman Barry, qui avait suggéré qu’un lien familial aurait pu influencer la gestion du dossier. Sonko a affirmé connaître Alieu uniquement sur le plan professionnel, en tant que membre du personnel du conseil, et a insisté sur l’absence de relation personnelle.
Sonko a expliqué avoir été informé pour la première fois des allégations de suppression de recettes par le directeur général de l’époque, Modou Jonga, qui lui avait indiqué que l’unité d’audit interne du conseil avait lancé une enquête. Les conclusions étaient suffisamment graves pour justifier un renvoi à la Commission de la fonction publique des collectivités locales, après examen du rapport d’audit par le Comité d’établissement et de nomination du conseil.
Le procès-verbal d’une réunion du Comité d’établissement et de nomination, tenue le 24 novembre 2020, a révélé que certains reçus contrôlés par l’unité interne avaient été gonflés d’un montant total de 6 000 D. Cette divergence a conduit le comité à revoir ses recommandations initiales. Il a exigé qu’Alieu Saine rembourse les sommes détournées et lui a infligé une suspension de trois mois sans salaire, assortie d’une lettre d’avertissement sévère.
Cependant, le comité a également recommandé de réprimander le chef de l’audit interne pour avoir causé une alerte excessive au sein du conseil en présentant un rapport jugé exagéré. Cette décision a soulevé des questions lors de l’enquête, car les auditeurs sont censés fournir des conclusions exactes et impartiales.
Interrogé sur la raison pour laquelle l’auditeur interne avait été réprimandé après avoir révélé des irrégularités, Jonga a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’une décision collective du comité. Il a ajouté qu’après ces délibérations internes, l’affaire avait été transmise au ministère des Collectivités locales pour une enquête plus approfondie et des mesures disciplinaires.
Jonga a précisé que, bien que les recommandations du Comité d’établissement aient été soumises à la Commission de la fonction publique des collectivités locales, il ne pouvait pas confirmer si l’affaire avait été portée devant le conseil plénier, une étape procédurale que les responsables de l’enquête estimaient nécessaire.
Au-delà du cas spécifique d’Alieu Saine, Jonga a également été interrogé sur des problèmes plus larges de gestion financière durant son mandat. Cela inclut des irrégularités dans les marchés publics, des recettes retenues non investiguées totalisant plus de 850 000 D, ainsi que le retrait controversé de 44 millions D par un autre responsable du conseil. Jonga a soutenu que la direction avait répondu formellement à toutes les conclusions des audits et a promis de fournir la documentation à l’appui de ses déclarations.
L’enquête se poursuit sur la supervision financière du Conseil de la zone de Brikama. Sonko et Jonga ont tous deux rejeté les accusations de népotisme et de partialité, tandis que les responsables ont promis d’examiner minutieusement les chiffres contestés des audits et les procédures disciplinaires avant de rendre leurs recommandations finales.
