Par: Fatou Krubally
Alieu Jallow, ancien greffier des sociétés, a été contraint de se rétracter mardi après avoir nié à plusieurs reprises avoir écrit à la Commission Janneh ou au chef d’état-major des armées, avant d’admettre finalement être bel et bien l’auteur des lettres.
Comparu devant la Commission spéciale du Parlement chargée d’enquêter sur la cession des biens liés à l’ancien président Yahya Jammeh, M. Jallow s’est vu présenter des pièces à conviction portant son nom et sa signature. Ces documents, qu’il avait niés sous serment, prouvent qu’il a effectivement communiqué directement avec la Commission et le chef d’état-major.
« Je ne me souvenais pas avoir écrit quoi que ce soit à la Commission », a-t-il déclaré aux parlementaires. « Mais si je l’ai fait, je serais reconnaissant qu’on me le rappelle. »
Ce rappel est venu lorsque le comité lui a remis la pièce à conviction SBSC21. Après en avoir lu le contenu, il a reconnu : « Oui, c’est bien ma signature. » Les députés lui ont alors rappelé qu’il avait précédemment nié avec assurance avoir écrit à la Commission ou aux forces armées.
Le comité s’est dit préoccupé par ses dénégations, y voyant une volonté délibérée de dissimulation, en référence à ses témoignages antérieurs où Jallow affirmait que ni la Commission ne l’avait contacté, ni lui n’avait répondu. « Il ne s’agissait pas d’un tas de lettres, mais d’une ou deux correspondances critiques », a souligné un député. « On ne peut pas oublier cela. »
- Jallow a assuré qu’il n’avait pas l’intention d’induire en erreur, attribuant ses oublis à des pertes de mémoire, à des années d’instabilité administrative et à des déplacements fréquents entre les bureaux. Il a aussi évoqué la centralisation des documents au ministère de la Justice : « Je n’ai pas été stable d’un bureau à un autre. Donc je peux perdre certains documents. »
Il a expliqué que bien que les lettres portent sa signature, il ne s’en souvenait tout simplement pas et qu’il ne les a reconnues qu’en voyant les copies physiques. « Je suis un être humain. Il n’y a rien à cacher. J’ai tout simplement oublié », a-t-il affirmé. « Si le Parlement vous appelle, il faut répondre. Et c’est pourquoi j’ai même annulé un voyage à l’étranger pour être présent aujourd’hui. »
Le comité est toutefois resté sceptique. Les membres ont rappelé que Jallow avait déclaré posséder un « dossier personnel » qu’il déplaçait avec lui et qui aurait dû contenir de telles correspondances importantes. Ils ont également remis en question sa capacité à se souvenir sélectivement de certains détails de réunions lorsqu’il était interrogé.
Alors que la tension montait, le président du comité a rappelé à M. Jallow que le fait de dissimuler volontairement des informations au Parlement pouvait avoir de graves conséquences. Les auditions se poursuivent alors que les députés approfondissent leur enquête sur la gestion des biens de l’ère Jammeh et sur la responsabilité dans la tenue des archives gouvernementales.
