Par: Kemo Kanyi
Ousainou Darboe, chef de l’opposition du Parti Démocratique Uni (UDP), a vivement critiqué la délivrance en cours de cartes d’identité nationales gambiennes aux citoyens vivant à l’étranger, qualifiant cette pratique d’illégale et contraire à la législation nationale.
Dans une récente interview accordée à Kerr Fatou, Darboe a affirmé qu’en vertu des lois en vigueur, les cartes d’identité nationales ne peuvent être émises en dehors des frontières gambiennes. Il a soutenu que seuls les passeports gambiens sont reconnus comme pièces d’identité à l’étranger, accusant les autorités d’agir en dehors du cadre légal.
« Nous leur avons écrit pour leur signifier que leurs actions sont contraires à la loi », a déclaré Darboe, faisant référence à une requête officielle adressée par l’UDP au Directeur général du Service de l’Immigration gambien (GID). « Si vous consultez nos lois relatives à la délivrance des cartes d’identité, rien n’autorise une telle démarche hors juridiction nationale. »
Selon lui, le GID a répondu en orientant le parti vers le ministère de l’Intérieur, une réponse qu’il a qualifiée d’évasive. « C’est une fuite de responsabilité », a-t-il dénoncé. « C’est bien la direction du GID et son directeur général dont la signature figure sur ces cartes, pas celle du ministère. »
Le GID a récemment lancé l’émission de cartes d’identité aux « Gambiens non documentés » en Mauritanie, avec l’intention d’étendre cette initiative à d’autres pays africains. Darboe a remis en question les critères utilisés pour déterminer la citoyenneté de ces personnes.
« S’ils sont vraiment sans papiers, comment ont-ils quitté le pays ? Peut-être via la CEDEAO, mais au-delà de cette zone, un passeport est requis, pas une carte d’identité », a-t-il souligné.
Il a également insinué que cette initiative pourrait avoir une motivation politique, en lien avec les inscriptions électorales en vue de la présidentielle de 2026. « Je ne leur fais confiance sur rien », a-t-il lâché.
Darboe s’est également interrogé sur l’absence de cette opération dans les représentations diplomatiques en Europe. « Pourquoi ne délivrent-ils pas ces cartes en Italie ou en France, où nous avons des ambassades ? », a-t-il demandé.
Le chef de l’UDP a conclu en affirmant que son parti reste déterminé à dénoncer les irrégularités gouvernementales et envisage des recours juridiques si nécessaire.
