Par : Nicholas Bass
Le Centre des Victimes des Violations des Droits de l’Homme (Centre des Victimes) a signé un accord de subvention de 50 000 euros avec le Fonds d’Héritage de la Justice Transitionnelle Africaine (ATJLF) dans le cadre d’un projet conjointement financé par l’Union européenne et l’Union africaine (UA).
Cette information a été révélée mardi par le coordinateur national du Centre des Victimes, M. Kebba Jome, lors de la cérémonie d’ouverture d’un atelier de formation de deux jours à l’intention des parties prenantes, portant sur la Politique de Justice Transitionnelle de l’Union africaine (AUTJP), organisé à l’hôtel Paradise Suites à Kololi.
Selon lui, la formation s’inscrit dans le cadre d’un projet d’un an visant à vulgariser la Politique de Justice Transitionnelle de l’UA ainsi que le Livre blanc du gouvernement gambien.
- Jome a déclaré que l’AUTJP sera traduite et diffusée en mandinka, wolof, fula et jola, et comprendra un programme de sensibilisation de quatre jours avec les membres de l’Assemblée nationale.
Il a lancé un appel au gouvernement pour qu’il fournisse à la nouvelle Commission des Réparations les fonds et la logistique nécessaires au démarrage effectif des réparations en faveur des victimes, en vue d’une guérison nationale.
La présidente de l’Association nationale des organisations non gouvernementales (TANGO), Yadicon Njie Eribo, a souligné que la représentation collaborative des parties prenantes à l’atelier prouvait que la tâche n’incombait pas uniquement au gouvernement gambien, mais constituait « une responsabilité nationale partagée ».
Madame Eribo a rappelé aux participants de réfléchir à la manière dont la Gambie, en tant que nation, pourrait faire face aux violations présumées des droits humains du passé, répondre aux besoins des victimes et jeter les bases d’un « avenir juste, pacifique et inclusif ».
« Alors que la Gambie sort de décennies de répression et de violations systématiques des droits de l’homme, la tâche de reconstruire la confiance dans les institutions publiques, de panser les blessures sociales et de garantir la non-récurrence n’est pas seulement difficile, mais aussi complexe, sensible et urgente », a-t-elle déclaré.
Elle a souligné que la Politique de Justice Transitionnelle de l’UA représente une avancée majeure en matière de gouvernance et de droits humains en Afrique, affirmant qu’elle « doit » guider chaque étape du processus gambien.
La présidente de TANGO a également précisé que l’AUTJP n’avait pas été copiée sur des modèles extérieurs, mais qu’elle reconnaissait que l’histoire africaine d’injustices, de colonisation, de conflits et d’autoritarisme nécessitait des solutions africaines.
Elle a soutenu que l’intégration de la Politique de Justice Transitionnelle de l’UA dans le processus de justice transitionnelle de la Gambie permettrait d’aligner les aspirations nationales sur les normes continentales.
Pour sa part, le chef adjoint de la mission de l’Union européenne, M. Raphael Brigandi, a affirmé que l’atelier s’inscrivait dans un projet continental plus large de soutien à la justice transitionnelle en Afrique.
Il a insisté sur le fait que l’objectif du projet est de renforcer l’engagement des citoyens en appliquant l’état de droit et en respectant les droits de l’homme à travers des partenariats stratégiques avec les organes de l’UA, les Communautés économiques régionales, les gouvernements nationaux et la société civile.
« Au nom de l’Union européenne, je tiens à réaffirmer notre soutien et notre reconnaissance à tous ceux qui œuvrent pour faire progresser la vérité, la justice et la réconciliation en Gambie », a-t-il conclu.
