Par: Fatou Krubally
La propriété légale du parc animalier de Kanilai demeure incertaine, alors que le site reste sous un strict contrôle militaire, avec la famille Jammeh toujours présente dans la région, a déclaré lundi le directeur des Parcs et de la Faune sauvage devant les parlementaires.
Selon Momodou Lamin Gassama, directeur des Parcs et de la Faune sauvage, aucun transfert officiel du parc à l’État n’a eu lieu depuis le départ de l’ancien président Yahya Jammeh en 2017.
Apparaissant devant les députés, M. Gassama a confirmé que la propriété légale du parc reste floue, tandis que les soldats postés sur place continuent de gérer certaines parties du parc et de percevoir des frais d’entrée sans l’implication de son département.
Il a indiqué qu’un militaire en service est également le seul responsable de deux pythons sur le site. Lorsqu’on lui a demandé si son département avait envisagé d’intégrer ce soldat comme personnel afin que les pythons soient encadrés officiellement, Gassama a répondu : « Non, madame, nous n’avons jamais essayé. » Il a expliqué qu’en Gambie, certaines mares et réserves traditionnelles sont depuis longtemps gérées par des familles ou communautés locales, et « nous ne chamboulons pas simplement cet équilibre. »
- Gassama a déclaré devant la commission que le parc de Kanilai et le camp militaire adjacent « ne font qu’un », ajoutant que la présence des soldats et de la famille Jammeh, qui occupe toujours une partie des lieux, rend toute gestion formelle difficile. Le directeur a révélé que depuis 2017, ni la Commission Janneh ni le ministère de la Justice n’ont émis une quelconque ordonnance judiciaire demandant à son département de prendre en charge le parc.
Il a précisé que son bureau a sollicité à plusieurs reprises le ministère de tutelle et le ministère du Procureur général afin d’obtenir des éclaircissements sur le statut du parc, mais n’a reçu à ce jour aucune réponse officielle. « Nous n’avons malheureusement aucune allocation pour Kanilai, » a déclaré Gassama, expliquant que le soutien aux animaux provient de réaffectations ponctuelles du budget général de son département, les animaux étant nourris avec des carcasses ou viandes impropres à la consommation.
Pendant ce temps, les soldats continuent de percevoir des frais des visiteurs. M. Gassama a souligné que sans propriété légale ou instruction officielle, son département ne peut délivrer de tickets ni assumer la responsabilité de la collecte des recettes.
Les députés ont désormais exigé une preuve documentaire des démarches internes du département visant à clarifier le statut légal du parc, alors que l’Assemblée nationale cherche à savoir comment les biens de l’ancien président Jammeh, y compris les réserves fauniques, peuvent être gérés ou récupérés correctement.
