Un groupe accuse le gouvernement de manipulations électorales avant les élections de 2026

Par: Sering Mass Jallow

Le groupe Gambia Civil Society Against Corruption (GICSAC), une organisation de la société civile, a publiquement accusé le gouvernement du président Adama Barrow de tenter de manipuler les élections présidentielles de 2026 à travers la distribution controversée de cartes d’identité nationale aux Gambiens vivant à l’étranger.

Lors d’une conférence de presse tenue mardi 15 juillet 2025, GICSAC a exprimé de sérieuses inquiétudes concernant ce qu’il décrit comme une priorisation sélective dans la distribution des cartes d’identité. Selon l’organisation, alors que de nombreux citoyens dans le pays peinent encore à obtenir leur carte, le gouvernement semble accélérer leur distribution à la diaspora gambienne sans transparence, ni surveillance ni vérification adéquates.

Haji Suwaneh, président de GICSAC, a déclaré que ce geste est perçu comme une stratégie politique délibérée destinée à influencer l’éligibilité des électeurs et à orienter potentiellement le résultat des élections de 2026 en faveur du président sortant. Il a soutenu que la délivrance de cartes nationales dans des pays étrangers sans vérifications rigoureuses constitue un risque grave pour la sécurité nationale et l’intégrité électorale.

« Délivrer des cartes d’identité nationale gambienne à l’étranger représente une grave menace pour notre sécurité nationale et mine l’intégrité électorale », a déclaré Suwaneh. « Lorsque des cartes sont distribuées sans contrôles stricts, il y a un risque élevé d’abus par des individus qui ne servent pas nécessairement les intérêts de la nation. »

Le GICSAC soutient que si le processus de distribution des cartes n’est pas contrôlé, il pourrait entraîner une exploitation massive du système électoral. Suwaneh a averti que l’identité nationale doit être un symbole sacré de lien avec la patrie, et non un document accessible sans vérification sérieuse. Il a ajouté que cette pratique pourrait permettre l’infiltration de personnes pouvant nuire aux communautés ou exploiter le système démocratique, citant des recherches internationales reliant une mauvaise gestion des identités à des menaces sécuritaires et à un mauvais usage des ressources de l’État.

Dans sa déclaration, l’organisation a exigé que le gouvernement suspende immédiatement la distribution de cartes aux Gambiens de la diaspora. Elle appelle également à la mise en œuvre d’un système rigoureux et transparent de vérification et d’approbation conforme aux normes de sécurité nationale. En outre, le GICSAC exhorte les autorités à renforcer les protocoles de protection de l’identité afin de garantir que chaque carte délivrée respecte l’intégrité électorale et la responsabilité publique.

L’organisation a précisé que sa préoccupation ne vise pas la diaspora en elle-même, mais l’absence de garanties autour de l’émission de ces documents sensibles. Suwaneh a souligné que si ces revendications ne sont pas prises en compte à travers un dialogue approprié et pacifique, le GICSAC intensifiera sa campagne en soumettant une pétition formelle au bureau de l’Inspecteur général de la police. Le groupe prévoit également d’organiser une marche pacifique pour exprimer publiquement l’insatisfaction populaire face à ce qu’il qualifie de politique troublante et potentiellement dangereuse.

Le GICSAC a conclu sa déclaration en réaffirmant son engagement à défendre les principes démocratiques et à garantir que le processus électoral de la Gambie reste équitable, transparent et sûr pour tous les citoyens, où qu’ils se trouvent.