Par: Fatou Krubally
Le ministre de la Justice, Dawda Jallow, a révélé mercredi que les dossiers d’assistance et de compensation accordées aux victimes des manifestations étudiantes des 10 et 11 avril 2000 restent flous, l’identification précise des victimes étudiantes dans la liste générale n’ayant pas encore été établie.
Le procureur général et ministre de la Justice, s’exprimant à l’Assemblée nationale, a indiqué que les indemnisations ont été versées par deux principaux canaux : la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC), qui a achevé ses travaux en novembre 2021, et la Commission médicale, mise en place conjointement par les ministères de la Justice et de la Santé. Selon le ministre, la TRRC a fourni des indemnisations à 1 009 victimes, mais une analyse détaillée est nécessaire pour déterminer combien étaient effectivement des victimes des manifestations étudiantes d’avril 2000.
Il a en outre expliqué que la Commission médicale a effectué des évaluations médicales sur 124 personnes, recommandant des traitements locaux et à l’étranger. Le ministre a précisé que sept victimes ont reçu un traitement à l’étranger. De plus, un soutien psychosocial a été offert à 412 personnes, dont 389 ont accepté l’aide, a-t-il ajouté.
Le procureur général a également déclaré qu’un soutien économique a été fourni à 17 femmes pour lancer leurs propres activités, tandis que 69 enfants de victimes ont reçu un soutien éducatif. Depuis février 2024, la Commission médicale poursuit son travail auprès de huit victimes des incidents d’avril 2000. Il a rapporté que deux personnes ont été recommandées pour des traitements à l’étranger, l’une ayant obtenu un parrainage de son employeur, et une autre ayant subi avec succès une chirurgie de la colonne vertébrale au niveau local et est en convalescence. Les autres victimes poursuivent leurs consultations régulières auprès de la Commission médicale.
En réponse aux questions, le ministre a précisé que les compensations incluent les familles des personnes décédées, affirmant que les victimes englobent à la fois les survivants et les défunts, dont les représentants ont droit à l’indemnisation.
Le procureur général a également informé l’Assemblée de la création de la Commission des réparations aux victimes, officiellement inaugurée le 11 avril 2025, la qualifiant d’étape majeure dans le processus de justice transitionnelle. Il a indiqué que le ministère de la Justice assure la coordination essentielle et le soutien technique à la commission, notamment les nominations à la direction et le développement des infrastructures.
Il a ajouté que le Département du comptable général a facilité l’ouverture de comptes de réparations en dalasi gambien et en dollars américains à la Banque centrale. La coordination avec le ministère des Finances et la Banque centrale se poursuit pour garantir l’allocation budgétaire et les transferts de fonds à la commission.
Enfin, le ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement à fournir des réparations significatives et à collaborer avec les partenaires internationaux et la société civile pour renforcer la justice transitionnelle en Gambie.
