Par: Fatou Krubally
La ministre du Genre, de l’Enfance et de la Protection sociale, l’honorable Fatou Kinteh, a informé les parlementaires que son ministère est en train de mettre en œuvre un plan national pour lutter contre le problème persistant des enfants qui mendient dans les rues, le qualifiant de « grande préoccupation » nécessitant une action urgente et un soutien collectif.
Devant l’Assemblée nationale ce mercredi, la ministre Kinteh a expliqué qu’une évaluation nationale complète allait être lancée pour cartographier les conditions dans les écoles coraniques (majalis) et autres lieux d’origine de nombreux enfants vivant dans la rue. Elle a confirmé que le ministère avait déjà présélectionné les institutions qui mèneront cette enquête, laquelle devrait débuter dès l’approbation finale attendue la semaine prochaine.
« Nous pensons fermement que les enfants n’ont que deux lieux : la maison et l’école. Ils ne devraient pas être dans les rues », a déclaré la ministre aux députés, ajoutant que l’objectif est de comprendre pourquoi les parents laissent leurs enfants mendier et de trouver des moyens concrets de les maintenir à la maison ou à l’école.
La ministre a indiqué que le projet couvrira toutes les villes frontalières et les zones concernées, notamment Jarra Soma, Farafenni et Amdalaie, où la mendicité est courante. Elle a évoqué des incidents récents, dont un incendie et une épidémie dans deux majalis, qui ont souligné l’urgence de protéger les enfants vulnérables.
La ministre Kinteh a confirmé que son département travaille en étroite collaboration avec le ministère de l’Éducation de base et secondaire et l’UNICEF, avec le soutien d’autres partenaires, pour concevoir un programme qui ira au-delà de la simple collecte de données. Le plan vise à s’attaquer aux causes profondes qui poussent les enfants à la rue, avec des solutions impliquant les parents, les chefs communautaires, les autorités religieuses, les forces de sécurité et les conseils locaux.
Elle a insisté sur le fait que toute répression sérieuse nécessitera l’adhésion de l’Assemblée nationale, des familles et des communautés locales, appelant à un engagement collectif pour assurer le succès du plan. « Nous voulons savoir d’où viennent ces enfants, pourquoi ils sont dans les rues, et ce que nous pouvons faire ensemble pour les en retirer et les protéger », a-t-elle déclaré.
Par ailleurs, la ministre a également informé les députés du retard dans l’audit du Fonds d’Entreprise des Femmes, qu’elle a attribué au gel des recrutements et à l’expiration du mandat du conseil d’administration du Fonds. Un nouveau conseil a désormais été approuvé par le Bureau du Président et sera inauguré la semaine prochaine, ouvrant la voie à un audit externe mené par l’Office national d’audit.
La ministre a assuré l’Assemblée que, malgré les retards, les décaissements de prêts et les recouvrements dans le cadre du Fonds d’Entreprise des Femmes se poursuivent comme prévu.
L’évaluation nationale sur la mendicité infantile dans les rues devrait commencer ce mois-ci, le plan final étant façonné par ses conclusions et mis en œuvre avec le soutien initial de l’UNICEF et un financement complémentaire des donateurs.
