Le Comité parlementaire ordonne au Conseil municipal de Banjul de recouvrer les recettes de marché manquantes

Par: Fatou Krubally

Un comité parlementaire a ordonné au Conseil municipal de Banjul (BCC) de recouvrer immédiatement les recettes de marché dissimulées, à la suite de graves révélations d’audit mettant en lumière une mauvaise gestion financière et des lacunes en matière de responsabilité.

Un rapport d’audit récent, examiné par le Comité des finances et des comptes publics (FPAC), a révélé de nombreuses irrégularités dans les états financiers du BCC pour les années 2019 et 2020, notamment l’absence de documents essentiels, la dissimulation de recettes en espèces et le non-respect des contrôles comptables appropriés.

L’une des conclusions les plus préoccupantes concerne la dissimulation de 195 120 dalasis provenant des ventes quotidiennes de tickets de marché et des loyers mensuels des cantines. Ces paiements en espèces, effectués par les agents collecteurs de recettes, ont été remis au caissier principal mais n’ont jamais été versés à la banque ni enregistrés dans les bureaux principaux du conseil.

Le FPAC a ordonné à la direction du BCC, par l’intermédiaire du bureau du Directeur général, de recouvrer immédiatement les fonds dissimulés. Le comité a également recommandé que l’affaire soit signalée à la police pour enquête et poursuites. Par ailleurs, le conseil est exhorté à mettre en place un mécanisme de contrôle efficace sur l’administration des recettes de marché afin d’éviter que de telles situations ne se reproduisent.

Outre les fonds manquants, l’audit a révélé que plusieurs documents financiers, notamment les carnets de reçus généraux (GTR) et les livres de caisse des collecteurs de recettes des marchés, n’ont pas été présentés à l’examen. Le FPAC a accordé au conseil un délai de 60 jours pour fournir ces documents, sous peine de mesures contre les agents responsables.

Le rapport a également mis en évidence de graves lacunes dans le système de gestion financière du BCC. Le conseil ne tenait pas un livre de caisse adéquat pour enregistrer les recettes et les paiements conformément aux normes réglementaires. Le livre de caisse existant manquait de colonnes essentielles, n’était pas équilibré mensuellement, et enregistrait incorrectement les dépôts, compromettant ainsi l’exactitude des soldes rapportés.

De plus, le conseil n’a pas effectué de rapprochements bancaires mensuels pour les années 2019 et 2020, un contrôle essentiel pour faire correspondre les relevés bancaires avec les registres du conseil.

Le comité a également noté que le BCC n’avait pas prélevé la taxe de retenue à la source sur les paiements effectués aux fournisseurs et entrepreneurs, comme l’exige la loi. Des prêts impayés, contractés par le personnel et des non-employés, d’un montant total de plus de 176 000 dalasis, restent en suspens, certains débiteurs n’étant plus employés par le conseil.

D’autres préoccupations incluent des paiements non budgétisés totalisant 394 276 dalasis, des paiements effectués sans pièces justificatives, et des logiciels coûteux achetés mais jamais mis en œuvre.

Le FPAC a recommandé à la direction du BCC d’améliorer de toute urgence la gouvernance et les contrôles financiers, de régulariser les nominations du personnel clé, et de prendre des mesures correctives pour restaurer la crédibilité du conseil.

Ce rapport d’audit souligne la nécessité urgente de réformes afin de protéger les ressources publiques du Conseil municipal de Banjul et d’assurer la transparence et la responsabilité dans la gestion des fonds de la ville.