Le Conseiller à la Sécurité nationale nie avoir vu l’arme de l’accusé ou disposé de la vidéo de la fusillade de la PIU

Par : Nicholas Bass

Le Conseiller à la Sécurité nationale, Abubakarr Suleiman Jeng, a nié mercredi avoir vu l’arme de l’agent paramilitaire présumé auteur de la fusillade, ou être en possession des images de vidéosurveillance de l’incident survenu au feu de signalisation de Sukuta-Jabang.

Comparant comme témoin devant le juge Ebrima Jaiteh de la Haute Cour de Banjul dans le procès d’Ousainou Bojang, M. Jeng a également nié avoir déclaré que l’accusé était un « rebelle de Casamance ».

Pour rappel, Ousainou Bojang est accusé d’avoir causé la mort prématurée de deux agents de police et blessé un autre, des faits qu’il continue de nier.

  1. Jeng a affirmé que l’allégation selon laquelle Ousainou serait un « rebelle de Casamance » était fondée sur des informations reçues oralement dans le cadre du renseignement.

Cependant, interrogé par l’avocate de la défense Adama Sillah, qui représente la seconde accusée, Amie Bojang, M. Jeng a refusé de révéler sa source d’information dans une salle d’audience bondée.

Il a déclaré à la cour que, compte tenu de la nature de son travail, il ne pouvait discuter de telles informations en public, sauf contrainte judiciaire.

Lorsque Me Sillah lui a demandé s’il avait en sa possession la déclaration écrite qu’il avait faite le 16 septembre 2023, il a répondu par l’affirmative, ajoutant qu’il l’avait remise au procureur général Yusuf, qui l’a immédiatement présentée à la cour.

L’avocate de la défense, Me Sillah, a alors demandé que la déclaration écrite de M. Jeng du 16 septembre 2023 soit admise comme preuve. Elle a été acceptée et enregistrée sous le nom de pièce DD4, sans objection de la part du procureur général Yusuf ni de l’avocat de la défense Darboe.

Interrogé par Me Sillah pour confirmer s’il avait vu l’arme prétendument retrouvée au moment de l’incident, le Conseiller à la Sécurité nationale, Jeng, a nié, précisant qu’il n’avait pas vu l’arme en question.

Cependant, Jeng a confirmé avoir eu une brève conversation avec le président Adama Barrow concernant la fusillade mortelle de la PIU qui a coûté la vie à deux policiers et en a blessé un autre.

Le Directeur des Poursuites Publiques a objecté à une question de Me Sillah, lorsque celle-ci a demandé à M. Jeng s’il préférait se baser sur sa déclaration du 16 septembre 2023 ou sur son témoignage en cour.

Le procureur Yusuf a soutenu que la question ne devait pas être posée au témoin. Le juge Jaiteh a approuvé l’objection, ordonnant à Me Sillah de reformuler sa question.

Poursuivant, M. Jeng a déclaré qu’il ne faisait pas partie du service d’enquête, lorsqu’il a été invité par Me Sillah à citer les noms de six autres suspects arrêtés lors de l’enquête menée par l’Équipe conjointe d’enquête.

Jeng a également indiqué qu’il ne pouvait pas confirmer s’il y avait eu une prolongation de la présence des agents de la CEDEAO après la fusillade de la PIU.

Par ailleurs, le juge Jaiteh a convoqué Omar S. Jallow, officier des Forces armées gambiennes, à comparaître devant le tribunal pour témoigner dans le procès en cours lié à la fusillade paramilitaire.

L’officier Jallow est attendu pour comparaître comme neuvième témoin de la défense d’Ousainou Bojang.

Me Lamin J. Darboe, avocat représentant le premier accusé, Ousainou Bojang, a soutenu que l’officier militaire Jallow, lors de l’enquête de l’Équipe conjointe d’enquête (JIT), avait fait une déclaration en tant que témoin oculaire, ce qui, selon lui, rend son témoignage en cour essentiel.

La demande de Me Darboe n’a pas été contestée par le Directeur des Poursuites Publiques, A.M. Yusuf, qui a confirmé que l’officier Jallow figurait initialement sur la liste des témoins de l’accusation.

Me Adama Sillah, représentant la seconde accusée, Amie Bojang, ne s’est pas opposée non plus à la requête de Me Darboe.

À ce stade, le juge a rappelé que le droit pour l’accusé de citer et d’interroger des témoins dans sa défense n’était pas seulement un principe fondamental du système juridique national, mais aussi un droit garanti par la Constitution.

S’appuyant sur l’article 123 du Code de procédure pénale, le juge a accepté la requête présentée par Me Darboe, ordonnant à Omar S. Jallow, officier militaire rattaché à l’école de formation des Forces armées gambiennes, de comparaître et de témoigner « en toute vérité » lors de la prochaine audience.