L’UDP alerte sur une menace pour la démocratie après les propos violents d’un ministre

Par: Haddy Touray

Le Parti démocratique unifié (UDP) a fermement condamné les propos qu’il a qualifiés d’« irresponsables et incendiaires » tenus par le ministre Demba Sabally, après sa déclaration publique selon laquelle il assurerait la réélection du président Adama Barrow en 2026 « même s’il faut verser du sang ».

Dans un communiqué officiel publié mercredi, l’UDP a déclaré que ces propos constituaient non seulement une irresponsabilité grave, mais aussi une menace directe pour la paix et les valeurs démocratiques de la Gambie. Le parti a qualifié ces paroles de « violation flagrante du serment d’office » et a exhorté le président Barrow à se désolidariser publiquement de cette rhétorique violente.

« En tant que ministre de la République, les propos de Sabally incitent à la violence, sapent l’intégrité de notre processus électoral et trahissent l’obligation de servir tous les Gambiens, et non des intérêts partisans à tout prix », indique le communiqué.

L’UDP a affirmé que les Gambiens ont suffisamment souffert de la violence politique passée et a mis en garde contre un retour à une politique fondée sur la peur. Il a appelé les institutions nationales, y compris la Commission électorale indépendante et la Commission nationale des droits de l’homme, à dénoncer toute normalisation de la violence dans le discours politique du pays.

« Nous appelons le président Barrow à condamner publiquement cette rhétorique dangereuse et à tenir son ministre responsable », a déclaré l’UDP. « Les Gambiens doivent rejeter la politique de la peur et exiger des comptes de ceux à qui le pouvoir est confié. »

Le communiqué appelle également la communauté internationale à surveiller ce qu’il décrit comme des « menaces croissantes contre la démocratie » en Gambie.

Malgré la controverse, l’UDP a réaffirmé son engagement en faveur d’élections pacifiques, transparentes et fondées sur les programmes en 2026. « Nous restons pleinement engagés à défendre l’état de droit et à protéger l’espace démocratique que les Gambiens ont durement acquis », a-t-il conclu.