Par : Nicholas Bass
Le Directeur des poursuites publiques (DPP), A.M. Yusuf, a informé lundi la Haute Cour de Banjul que l’État a interjeté appel contre les assignations délivrées à trois hauts responsables gouvernementaux dans le cadre du procès en cours contre Ousainou Bojang, accusé d’avoir tué deux policiers et blessé un autre.
Le 10 juin 2025, le juge Ebrima Jaiteh de la Haute Cour de Banjul a émis des assignations obligeant le porte-parole du gouvernement Ebrima G. Sankareh, le directeur général adjoint de la police Momodou Sowe, et le conseiller à la sécurité nationale Abubakarr Suleiman Jeng à comparaître comme témoins de la défense dans ce procès très médiatisé.
Comparu devant le juge Jaiteh, le DPP Yusuf a déclaré que l’État a saisi la Cour d’appel de Gambie pour demander la suspension de l’exécution des assignations dans l’attente de l’examen et de la décision de l’appel.
De plus, l’accusation sollicite une ordonnance ordonnant au greffe de la cour de traiter et de transmettre tous les dossiers pertinents de la Haute Cour à la Cour d’appel.
Selon l’affidavit à l’appui de la requête, le paragraphe C indique que l’avis d’appel soulève des questions juridiques substantielles qui méritent d’être examinées par la cour d’appel. Le DPP a soutenu que les motifs d’appel sont « sérieux et défendables » et ne sont ni « frivoles ni sans fondement ».
1.Yusuf a en outre déclaré que l’exécution des assignations avant la décision d’appel rendrait tout jugement favorable à l’État sans effet au niveau supérieur. Il a ajouté que l’application de la décision de la Haute Cour ne servirait pas les intérêts de la justice, tout en soulignant que les intimés ne subiraient aucun préjudice en cas de suspension de l’exécution.
Cependant, les avocats de la défense Lamin J. Darboe et Adama Sillah, ayant été informés de l’avis d’appel et de l’affidavit de l’État, ont demandé un délai pour déposer des affidavits en opposition.
Entre-temps, la Haute Cour a maintenu son ordonnance, avertissant que tout manquement ou refus de comparaître de M. Sankareh, M. Sowe ou M. Jeng serait considéré comme un outrage au tribunal et traité comme tel.
L’affaire a été ajournée afin de permettre aux parties de déposer et d’échanger leurs arguments écrits avant que la cour ne procède à l’audience de la requête.
