Par Isatou Sarr
Le ministère de la Santé s’est alarmé de l’ampleur du cancer du sein en Gambie, les dernières estimations de l’IARC GLOBOCAN 2024 faisant état de 161 nouveaux cas et de 77 décès liés à la maladie.
Ces chiffres ont été communiqués jeudi 1er octobre 2026, lors d’une conférence de presse organisée par le Programme national de lutte contre le cancer (NCCP) du ministère de la Santé dans le cadre des activités marquant la Journée mondiale du cancer du sein. La rencontre s’est tenue au Central Medical Store (CMS), à Kotu.
S’exprimant au nom de la représentante de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en Gambie, la Dre Oumie Jagne a déclaré que le cancer du sein demeurait le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les femmes dans le monde et continuait de constituer un important problème de santé publique.
Elle a indiqué que de nombreuses vies pouvaient être sauvées lorsque la maladie était détectée précocement et traitée rapidement, soulignant la nécessité de renforcer la sensibilisation, le dépistage précoce, le diagnostic rapide, l’accès à des soins de qualité et l’accompagnement des patients avec compassion.
« Aujourd’hui, nous nous réunissons non seulement pour sensibiliser, mais aussi pour encourager l’action à travers la détection précoce, le diagnostic rapide, l’accès à des soins de qualité et une prise en charge empreinte de compassion », a-t-elle déclaré.
La Dre Jagne a appelé les femmes à accorder une priorité à leur santé mammaire et exhorté les familles à les encourager à se faire dépister et à consulter un professionnel de santé dès qu’elles constatent des changements inhabituels.
Elle a également appelé les leaders communautaires à contribuer à combattre les mythes et la stigmatisation liés au cancer du sein, tout en exhortant les établissements de santé à renforcer leurs efforts afin de fournir des services accessibles et de qualité pour la prise en charge de cette maladie.
Elle a par ailleurs rappelé que le cancer du sein pouvait également toucher les hommes, appelant aussi bien les hommes que les femmes à consulter un professionnel de santé en cas de changements inhabituels.
Selon elle, les symptômes à ne pas ignorer chez les hommes comprennent notamment l’apparition d’une masse ou d’un gonflement indolore au niveau du sein, des modifications du mamelon telles qu’une inversion ou un écoulement, des capitons ou une rougeur de la peau autour du sein, ainsi qu’une douleur persistante ou un gonflement sous l’aisselle.
La Dre Jagne a exhorté les médias à utiliser leurs plateformes tout au long du mois d’octobre pour diffuser des informations précises et encourager les populations à consulter rapidement.
« Ensemble, connaissons les signes, agissons tôt, cherchons rapidement des soins et sauvons des vies », a-t-elle déclaré.
Prenant également la parole lors de la conférence de presse, le Dr Kebba S. Bojang, responsable du Programme national de lutte contre le cancer, a déclaré que le thème de cette année, « Chaque histoire est unique, chaque parcours compte », met en évidence le fait que le cancer du sein n’affecte pas tout le monde de la même manière.
Il a souligné que l’expérience de chaque personne dépend de plusieurs facteurs, notamment le diagnostic, l’accès à des soins rapides, les options thérapeutiques disponibles, le soutien de la famille et de la communauté ainsi que les circonstances personnelles.
Le Dr Bojang a indiqué que les estimations mondiales pour 2024 faisaient état d’environ 2,4 millions de nouveaux cas de cancer du sein et de 694 000 décès dans le monde.
En Gambie, a-t-il précisé, les dernières estimations de l’IARC GLOBOCAN 2024 classent le cancer du sein au troisième rang des cancers les plus fréquents chez les femmes, après les cancers du col de l’utérus et du foie.
Les estimations font état de 161 nouveaux cas et de 77 décès, tandis que 293 femmes vivent avec la maladie dans le cadre de la prévalence sur cinq ans. Le cancer du sein représente environ 13,5 % des cancers estimés chez les femmes, tandis que le risque cumulatif estimé de développer la maladie avant l’âge de 75 ans est de 1,8 %, soit environ une femme sur 56.
Le Dr Bojang a souligné que le cancer du sein pouvait toucher les femmes à différents âges, le risque augmentant généralement avec l’âge. Il a ajouté que, bien que les antécédents familiaux ou certains autres facteurs de risque puissent accroître la probabilité de développer la maladie, de nombreuses personnes diagnostiquées avec un cancer du sein n’ont aucun antécédent familial connu.
Le Programme national de lutte contre le cancer, chargé de réduire au minimum la charge du cancer en Gambie, travaille avec des partenaires nationaux et internationaux afin de renforcer la prévention et la lutte contre le cancer dans le pays.
Ces partenaires comprennent l’Organisation mondiale de la Santé, l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’International Cancer Control Partnership, l’Union for International Cancer Control, le National Cancer Institute ainsi que des organisations de la société civile actives dans la lutte contre le cancer, notamment NASO, C3G, CALG et Breast Cancer Warriors.

