Par Haddy Touray
Trois partis d’opposition en Gambie ont condamné l’usage présumé de la force excessive par des agents du Département de l’immigration gambien contre le leader du National Democratic Party (NDP), Kebba Madi Bojang, et ont appelé à une enquête transparente sur l’incident.
Dans des communiqués distincts publiés mardi, le United Democratic Party (UDP), le UNITE Movement for Change (UMC) et APP-Sobeyaa ont exprimé leur inquiétude après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant des agents de l’immigration maîtrisant physiquement M. Bojang lors d’une opération à Old Yundum.
L’UDP a condamné ce qu’il a qualifié d’usage apparent excessif de la force, tout en précisant ne pas vouloir influencer une enquête en cours ni remettre en cause l’autorité légale des services de sécurité à procéder à des arrestations dans le cadre de leur mandat constitutionnel.
Le parti a souligné que les agences de sécurité doivent exercer leurs pouvoirs conformément à la loi et dans le respect total des droits fondamentaux, de la dignité et des garanties de procédure équitable de toute personne.
Se référant aux déclarations de M. Bojang après l’incident, l’UDP a noté que le leader du NDP avait affirmé que l’opération était politiquement motivée. Selon le parti, que cette allégation soit fondée ou non, l’incident met en évidence la nécessité pour les institutions de sécurité d’agir de manière transparente, légale et impartiale.
L’UDP a également appelé le gouvernement et les responsables des forces de sécurité à renforcer la formation du personnel, en particulier celui qui sera déployé lors de la campagne présidentielle de 2026, en mettant l’accent sur les droits humains, l’usage proportionné de la force, la gestion des foules, la neutralité politique, la désescalade et le respect de l’État de droit.
Le parti a réaffirmé son engagement en faveur de la gouvernance démocratique, de la participation politique pacifique et de la protection des droits constitutionnels.
Dans un communiqué, l’UMC a décrit les images largement diffusées comme choquantes, estimant que le niveau de force utilisé contre un leader politique reconnu est inacceptable dans une société démocratique.
Le parti a déclaré que cet incident soulève de sérieuses questions sur le comportement des agents de sécurité envers les citoyens et les responsables politiques de l’opposition.
L’UMC a exprimé sa solidarité avec M. Bojang et le NDP, appelant à une explication complète et transparente des faits, tout en soulignant que tous les citoyens, quelle que soit leur appartenance politique, ont droit à la protection de la loi contre les abus de force.
Il a également appelé les autorités compétentes à mener une enquête approfondie et à veiller à ce que les forces de l’ordre et de l’immigration agissent de manière professionnelle et dans le respect de la loi, notamment à l’approche de l’élection présidentielle du 5 décembre 2026.
APP-Sobeyaa a également condamné la présumée maltraitance du leader du NDP, affirmant que si les accusations sont confirmées, de tels agissements méritent une condamnation sans équivoque.
Le parti a affirmé que la compétition politique ne doit jamais justifier l’intimidation, le harcèlement ou l’instrumentalisation des institutions de l’État contre des adversaires politiques, rappelant que les forces de sécurité existent pour protéger les droits et libertés de toutes les personnes dans le pays.
Rappelant les conclusions du processus Vérité, Réconciliation et Réparations en Gambie, APP-Sobeyaa a souligné que le pays s’est engagé à empêcher toute répétition des abus de pouvoir et a appelé les institutions publiques à respecter le principe du « Plus jamais ça ».
Le parti a également rappelé à tous les citoyens et non-citoyens leur obligation de respecter les lois du pays, tout en insistant sur le fait que les forces de l’ordre doivent exercer leurs fonctions de manière professionnelle, proportionnée et strictement conforme à la Constitution.
APP-Sobeyaa a appelé le gouvernement du président Adama Barrow à garantir un traitement transparent et responsable de l’affaire, y compris une enquête indépendante en cas de preuves crédibles d’abus, et des sanctions appropriées contre tout agent reconnu coupable de conduite illégale.
Il a réaffirmé son engagement en faveur de l’État de droit, des libertés démocratiques et de l’égalité devant la loi, avertissant que la préservation des acquis démocratiques de la Gambie exige une vigilance constante contre toute forme d’abus de pouvoir.
Au moment de la publication, le Département de l’immigration gambien n’avait pas encore réagi publiquement à ces accusations.

