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Les députés donnent jusqu’à fin juillet à la compagnie des ferries pour expliquer la disparition d’un ferry de plus de 13 millions de dalasis

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Par Fatou Krubally

Une commission parlementaire a fixé à la fin du mois de juillet la date limite pour que la Gambia Ferry Services Company (GFSC) explique la disparition d’un ferry d’une valeur de plus de 13 millions de dalasis.

La Commission des entreprises publiques (PEC) de l’Assemblée nationale a imposé ce délai après avoir examiné les états financiers audités de la société pour l’exercice 2022, qui ont révélé une série de défaillances en matière de gouvernance, de gestion financière et de fonctionnement.

Selon le rapport de la commission, les auditeurs n’ont pas été en mesure de vérifier physiquement le ferry de Farafenni, dont la valeur comptable nette s’élevait à 13 067 348,53 dalasis. La direction a indiqué aux auditeurs que le navire avait été cédé en 2022, sans toutefois fournir le moindre document justificatif de cette vente. En outre, cette cession n’apparaît pas dans les états financiers de l’entreprise et aucune trace de la transaction n’a été retrouvée dans les registres comptables de la GFSC.

En réponse, la commission a ordonné au conseil d’administration et à la direction de produire, avant la fin juillet 2026, des preuves documentaires, notamment l’avis de mise en vente, le rapport de l’expert maritime et l’autorisation de la Gambia Public Procurement Authority (GPPA).

Au-delà de la disparition du ferry, la commission a relevé plusieurs faiblesses dans la gouvernance de cette entreprise publique. Elle a constaté que le comité d’audit était devenu inactif, tandis que le département d’audit interne rendait directement compte au directeur général au lieu de relever du comité d’audit du conseil d’administration. Les députés ont également observé que le conseil d’administration ne s’était réuni qu’à deux reprises en 2022, en violation des dispositions de la loi qui régit l’entreprise.

Le rapport remet également en question l’utilisation de 60 000 dalasis correspondant aux indemnités de présence du membre du conseil d’administration Edrissa Mass Jobe, lesquelles auraient servi à rembourser des prêts accordés au personnel sans son autorisation écrite.

Les auditeurs ont également exprimé des inquiétudes concernant la gestion des recettes de la société. Ils ont révélé que les fonds perçus aux terminaux des ferries étaient régulièrement utilisés pour financer des dépenses de fonctionnement avant d’être déposés à la banque. La direction a reconnu cette pratique et admis qu’une partie de ces fonds n’avait jamais été remboursée. Les transactions examinées comprenaient notamment des paiements pour le carburant, des indemnités de repas, des frais funéraires, des récitations du Coran ainsi que d’autres dépenses de fonctionnement, pour un montant total de 388 585 dalasis.

La commission a également reproché à la GFSC de ne pas avoir reversé à la Gambia Revenue Authority (GRA) les 19,44 millions de dalasis de retenues fiscales sur les salaires (PAYE) prélevées sur les rémunérations des employés au cours de l’année 2022. Elle a ordonné à la direction de régulariser cette situation et de transmettre au Bureau national de l’audit les justificatifs attestant du paiement des impôts dus.

Une autre préoccupation majeure concerne un rapport d’audit interne ayant mis au jour une dissimulation de recettes au pont de Senegambia. Les auditeurs indiquent que la direction a reconnu l’implication de certains employés dans des détournements de fonds liés aux encaissements, mais que ces faits n’ont pas été mentionnés dans les états financiers de l’entreprise. La commission a demandé un rapport détaillé précisant la nature de la fraude, son impact financier ainsi que les mesures correctives adoptées.

L’audit a également révélé que la compagnie ne disposait pas de plusieurs instruments essentiels de gouvernance, notamment un manuel comptable, un plan stratégique, un plan de reprise après sinistre, une politique de formation, une politique relative aux heures supplémentaires et des directives encadrant les paiements des travailleurs occasionnels. Selon les députés, ces insuffisances affaiblissent les mécanismes de responsabilité et exposent l’entreprise à d’importants risques opérationnels et financiers.

La commission a indiqué que l’ensemble de ses recommandations vise à renforcer la gouvernance, améliorer la discipline financière et garantir que la Gambia Ferry Services Company fonctionne conformément aux normes reconnues en matière de gestion des finances publiques et de gouvernance d’entreprise.

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