Par : Fatou Krubally
La Gambie prévoit 16,17 milliards de D de service de la dette pour 2027, alors que le gouvernement cherche à resserrer les dépenses tout en visant une croissance économique plus forte et un déficit budgétaire plus faible.
L’honorable Seedy Keita, ministre des Finances et des Affaires économiques, a présenté vendredi les Estimations 2027 des recettes et des dépenses devant l’Assemblée nationale, présentant un budget autour du thème : « Approfondir la résilience économique tout en renforçant la viabilité budgétaire. »
Le ministre a indiqué que le service de la dette projeté, couvrant les intérêts et les paiements de capital, représente une augmentation de 20,2 % par rapport à 13,46 milliards de Ds en 2026. Cette augmentation est largement liée à une hausse projetée de 34 % des paiements d’intérêts sur la dette intérieure.
Malgré la charge croissante de la dette, le gouvernement prévoit un taux de croissance réel du PIB de 5,6 % en 2027. Le ministre a indiqué que l’économie a augmenté de 5,7 % en 2025, contre 6 % en 2024, soutenue par la reprise de l’agriculture, de la construction, du tourisme, des flux de fonds et de la stabilité macroéconomique.
Le budget 2027 prévoit que les recettes et subventions totales des fonds locaux du gouvernement s’élèvent à 40,96 milliards de D, soit une augmentation de 14,2 % par rapport à l’année précédente. Les recettes fiscales devraient croître de 16,5 %, le gouvernement s’appuyant sur une base fiscale plus large et une mobilisation accrue des recettes nationales.
Les mesures de recettes incluent l’introduction de droits d’accise sur les plastiques à usage unique, les pneus d’occasion importés et les exportations de ferraille.
Concernant les dépenses, les dépenses totales des fonds locaux du gouvernement sont estimées à 48,5 milliards de D, sans compter le prêt net, tandis que les dépenses sous tous les fonds sont projetées à 66,7 milliards de D.
Les coûts de personnel devraient passer de 10,29 milliards de Ds en 2026 à 11,21 milliards de D en 2027, soit une hausse de 8,9 %. Le Ministre a attribué cette hausse principalement aux dépenses électorales, au recrutement dans les secteurs de la défense, de l’intérieur, de la santé et des affaires étrangères, ainsi qu’à l’augmentation des dépenses de personnel par des institutions telles que le Bureau national des comptes, la Commission électorale indépendante, la Justice et l’Assemblée nationale.
Les Estimations 2027 allouent également 8,45 milliards de Ds pour les biens et services, tandis que les subventions et transferts sont projetés à 8,31 milliards de D.
Selon le ministre, cette dernière augmentation sera principalement portée par les subventions aux intrants agricoles, notamment le financement des engrais et des cultures, le régime national d’assurance santé, ainsi que par un soutien accru aux hôpitaux et aux écoles.
Les dépenses d’investissement devraient augmenter de 6,2 % pour atteindre 3,79 milliards de D, avec des dépenses prévues pour les immeubles de bureaux, hôpitaux, cliniques, casernes militaires, équipements médicaux et infrastructures TIC.
Le ministre a indiqué que le déficit budgétaire des fonds locaux gouvernementaux pour 2027 est projeté à seulement 0,04 % du PIB, tandis que le déficit pour tous les fonds est estimé à un pour cent du PIB.
Il a également annoncé que, pour la première fois, le budget basé sur les programmes couvrira l’ensemble du gouvernement central en 2027, dans le but de relier les ressources publiques aux priorités nationales et d’améliorer la responsabilité.
Le ministre a indiqué que le gouvernement continuerait d’appliquer des contrôles stricts des dépenses et des mesures d’emprunt concessionnelles dans le but de gérer les risques de dette et de renforcer la viabilité budgétaire.

