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Le ministre de l’Information exhorte les médias à protéger les enfants vulnérables dans leurs reportages

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Par Jankay Kujabi

BANJUL, 16 août (PANA)Le ministre de l’Information, des Médias et des Services de radiodiffusion, Dr Ismaila Ceesay, a exhorté les journalistes et professionnels des médias en Gambie à protéger les enfants vulnérables dans le cadre de leurs reportages.

Il a appelé les professionnels des médias à « placer la sécurité, la dignité et l’intérêt supérieur de l’enfant au-dessus de la recherche de l’information exclusive, de l’engagement en ligne et de l’attention du public ».

S’exprimant lors d’un atelier consacré au « renforcement des capacités des médias en matière de droits de l’enfant et de journalisme éthique », Dr Ceesay a averti qu’un reportage irresponsable pouvait avoir des conséquences durables sur les enfants, particulièrement à l’ère numérique où les images et les informations peuvent se propager instantanément.

L’atelier, organisé à l’hôtel Senegambia Beach, a été organisé par l’Institut des droits de l’homme et du développement en Afrique (IHRDA), en collaboration avec le Syndicat de la presse gambienne (GPU) et l’UNICEF.

Dr Ceesay a déclaré que les journalistes disposent du pouvoir de protéger les enfants ou de leur nuire à travers leurs reportages, leurs photographies, leurs titres et leurs plateformes numériques.

« Un enfant n’est pas un contenu. Un enfant n’est pas une photographie destinée à susciter de l’engagement. Le traumatisme d’un enfant n’est pas un divertissement », a-t-il déclaré.

Le ministre a mis en garde contre la divulgation de l’identité des enfants ou la publication d’images susceptibles de les exposer à la stigmatisation, à la discrimination ou à des préjudices durables, soulignant que la vie privée et la dignité doivent rester primordiales.

Il a exhorté les professionnels des médias à faire la distinction entre l’intérêt public et la curiosité du public, soulignant que tout ce que le public souhaite savoir ne constitue pas nécessairement une information à laquelle il a droit.

Selon Dr Ceesay, les journalistes qui couvrent des affaires impliquant des enfants doivent veiller à ce que leurs reportages ne permettent pas d’identifier les victimes d’abus ou d’étiqueter de manière permanente les enfants en conflit avec la loi.

Il a également invité les médias à aller au-delà d’une représentation des enfants uniquement comme des victimes, encourageant les journalistes à mettre en lumière leurs réalisations en tant qu’élèves, innovateurs, sportifs, dirigeants et acteurs du changement positif.

Le ministre a en outre souligné les risques liés au journalisme numérique, où le nom ou la photographie d’un enfant peut rester en ligne indéfiniment et avoir des conséquences sur son avenir.

Il a appelé les journalistes à se demander non seulement si une information peut être publiée, mais aussi si elle doit l’être et quelles conséquences sa publication pourrait avoir pour l’enfant concerné.

Dr Ceesay a également présenté les dispositions relatives à la protection de l’enfant contenues dans le projet de cadre réglementaire sur la radiodiffusion et les contenus en ligne. Ces dispositions prévoient notamment la protection de l’identité des enfants victimes, l’obtention du consentement des parents ou tuteurs lors des interviews d’enfants, ainsi que des restrictions concernant les contenus préjudiciables ou exploitant les mineurs.

Il a souligné que la protection des enfants était une responsabilité partagée entre le gouvernement, les parents, les établissements scolaires, les communautés, les forces de l’ordre, les partenaires au développement et les médias.

Tout en réaffirmant l’importance de la liberté de la presse dans une société démocratique, Dr Ceesay a déclaré que la liberté d’expression devait être exercée de manière responsable.

« Racontez votre histoire, mais protégez l’enfant. Enquêtez, mais ne l’exploitez pas. Posez des questions difficiles, mais ne ravivez pas son traumatisme », a-t-il déclaré aux participants.

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